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vendredi, novembre 13, 2009

Une journée touristique à Terre-Neuve.

L'intérêt principal de la journée du 16 septembre sera de marcher la petite ville Bonavista (Cap de Bonavista) empreinte des premiers jours de l'histoire des Européens venant prendre possession au nom d'un roi... (Henry VII >> Giovanni Caboto 1497; François 1er >> Jacques Cartier, mai 1534) (et les conséquences des traités d'Utrecht de 1713)

La fraîche matinée est grisailleuse, l'atmosphère anthracite . Une fine bruine m'aide à pousser rapidement les valises dans le coffre de l'auto. Arnold's Cove retient certainement le touriste quand il y fait soleil. Aujourd'hui n'est pas le cas. Photo 1.

Je file sur la transcanadienne, la 'Number One'. L'état d'un bitume tout neuf. À la première occasion pouvant m'amener à Cap Bonavista, je sortirai du ruban Canada.

Par choix, j'emprunte toujours les petits chemins longeant le bord de l'eau. Chaque quai mérite son arrêt. Les routes de grandes liaisons sont déroutantes. Je les laisse aux gens pressés. J'entre dans chaque village. Les moeurs de l'habitant m'intéressent. Le vieux bâti, les concentrations religieuses, les aveux du quotidiens, une culture non écrite se racontent au promeneur. Voyeuriste un jour, touriste toujours.

Du village de Trinity ... Regards d'YvettedeFrance.com . Ici et là, à Terre-Neuve.

Voici diverses glanures et curiosités culturelles - - - D'où vient le nom Terre-Neuve ? Le nom portugais «Terre de Baccallaos» qui signifie terre de morues apparaît dès la fin du XVe siècle sur les cartes marines. Au début du XVIe, on retrouve sur les documents officiels l'expression «newe founde launde», «Terre Nova» en latin. La version française «Terre-Neuve» est apparue dès 1510.

Chose historique incertaine... Débarquement de Jean Cabot à Bonavista. L'explorateur vénitien Giovanni Caboto, au service de l'Angleterre, quitte Bristol le 2 mai 1497 à bord du Matthew, un navire de 50 tonneaux. Le 24 juin, il touche terre à Bonavista et explore la côte pendant quelque temps avant de repartir pour l'Angleterre, ouvrant ainsi la porte à de nouvelles explorations.

Ces faits sont-ils exacts? On le voudrait à Bonavista. Un important musée accueille qui veut bien. Des historiens n'achètent pas « cette belle légende ».

On ignore l'endroit exact où Jean Cabot débarqua en 1497 à l'issue de son voyage de Bristol à la «terre neuve». Peter E. Pope, archéologue à la Memorial University of St. John's, étudie en détail les diverses hypothèses relatives à ce débarquement du 24 juin 1497, une des dates les plus importantes de l'histoire de Terre-Neuve, du Labrador et du Canada. Selon différentes théories, le débarquement pourrait avoir eu lieu du détroit de Belle-Île à l'Île-du-Cap-Breton, mais plus de cinq cents ans plus tard, nous n'en connaissons toujours pas l'endroit exact, bien que Bonavista soit la possibilité la plus vraisemblable. Les preuves sont minces autant que contradictoires et, selon Pope, plusieurs groupes, dont les nationalistes de Terre-Neuve et du Canada s'en sont servis à leur profit dans le débat sur l'itinéraire de Cabot. Pope est sympathique à la cause des Autochtones; selon lui, l'emploi du terme «découverte», un terme artificiel, a permis aux Européens et à leurs descendants d'oublier que les Autochtones ont perdu leur territoire et leur identité.

C'est avec ces idées en tête que je marcherai la petite ville de Cap Bonavista qui soutient bien l'intérêt. La découvrir vaut ce long détour. L'Établissement-Ryan est un incontournable; Parc Canada l'a magnifiquement restauré. Je visiterai son célèbre 'light house', des formations géologiques servant de substrat à la mer qui sculpte et re-sculpte sans fatigue.

Bref, il y a tout pour faire sentir l'essoufflement à un touriste une baisse d'adrénaline. La restauration se fera en un lieu mystérieux, une salle pour rassemblement d'Orangistes. J'y dégusterai ma morue quotidienne.

Le nomadisme a cette vertu de ne jamais s'inquiéter la qualité du prochain lit. Ce 16 au soir, le hasard nous présente le Beach-view-motel. Le gros bonhomme propriétaire de la place est le maire de Holyrood... Nous aurons droit à ses traits de caractère d'homme extraverti... Pas facile de prendre la parole avec mon anglais 'mot-par-mot' devant un tribun tonitruant! - - Ça me fait un souvenir de plus... Et une de nos nuits 'qualité-prix' dans les meilleures.

jeudi, octobre 22, 2009

Bon temps à Terre-Neuve

La province de Terre-Neuve nomme une de ses plus pittoresques régions , toute faite d'îles, Noth Twillingate Island - - New World Island. Le réseau routier nous y fait naviguer par vagues-petits-ponts, jetées-à-la-mer et passages à gué; puis, il y a les ferries! Ce tout-en-anses-de-mer, en hauts caps de roc sombres et en falaises basaltiques est tellement beau d'une telle belle beauté bleu marine que souvent, je coupe le moteur, j'arrête de respirer, je marche et marche au pas de mes émotions écrues. Enthousiasme de découvreurs, j'imagine. Que les hommes des paléo-inuit et indien (la période Maritime Archaic dit-on), que les Béothuks, plus récents et aujourd'hui éteints, occupèrent ces îles depuis peut-être 9 000 ans, ne surprend pas. L'abondance de gibiers marins complétait l'Éden (héb. גן עדן, jardin des délices).

Pour tout dire, avant de circonscrire une définition sur la beauté, c'est un endroit à visiter.

Un mot ou deux sur l'hébergement touristique en Newfoudland. - - L'économie pauvre de Terre-Neuve influence l'hébergement ** et *** dont je me contente fort bien. «There's no job here » répète un refrain terre-neuvien. Les forces vives émigrent. Beaucoup de maisons se vident. Habitations transformees en B&B ou en auberge-resto pour créer un emploi durant 2 ou 3 mois par années... Le touriste peut louer une grande maison « full equiped » pour une nuit, tel un motel-cuisinette! De ce que j'ai vu, ces résidences-recyclées occupent des sites splendides. Les petits chalets avec cuisine et téléviseur HD sont très fréquents. Quand on a besoin de deux chambres ou plus, il est plus économique de louer maison ou chalet. On se loge très bien, partout, dans la fourchette de 80$ à 120$/nuit, petit dej inclus. On en a pour son argent. La propreté est une règle absolue. Le vent de mer est le meilleur 'sent-bon'!

La saison touristique (juillet et août) doit certainement apporter un problème de lit... Une réservation est nécessaire. Ayant voyagé après la Fête du Travail, bien des hébergements avaient lancé la clé jusqu'à la fin du mois de juin prochain. Je voyageais sans réservation, ne sachant pas où le trajet du jour était pour m'arrêter. Vers 16-17 heures, je consultais le guide provincial pour touriste que j'avais commandé via Internet... Une fin de jour, malgré la présence, sur ma route, de plusieurs petites villes ou refuges estivaux, j'ai essuyé plusieurs « no vacancy » ou «come again in 2010 ». Finalement, après avoir roulé durant 250 km, rencontré une famille d'ours traversant à la lumière de mes phares, j'ai trouvé une chambre honnête dans un 'trucks stop': The Tanker Inn. Ce fut la seule expérience du genre. Le lendemain matin, je devais découdre mon chemin de la veille pour aller à Bonavista dans le but de fouler la même découverte que Giovanni Caboto, navigateur et explorateur vénitien au service de l’Angleterre.

J'ai été surpris d'apprendre que la province fait des efforts pour structurer l'industrie touristique que depuis 1984...

Voici des images-à-voyager après ces milles mots.

North Twillingate Island selon Google/image.

Twillingate area selon Bing/image

Satisfactions touristiques selon moi/image (Pour agrandir le diapo, un CLIC! au bas, à droite du petit écran noir.)

mardi, septembre 29, 2009

Gros-Morne

Le parc national du Gros-Morne, fondé en 1973, protège fjords, côtes, forêts, montagnes rivalisant de splendeur. Mais là n'est pas sa raison d'être 'parc'. L'extraordinaire richesse de sa géologie est d'une importance planétaire. En 1987, l'UNESCO le désigne « patrimoine mondial» pour des fins d'éducation, de science, de culture. Ce triple volet justifie pleinement le déplacement. J'y passerai trois jours.

À Gros-Morne, pour comprendre ce sur quoi je marche, un guide « spirituel » m'a parlé de temps en centaines de millions d'années, m'a décrit la planète d'hier et l'actuelle, a aussi insisté sur ses évolutions que nous comprenons depuis peu...

La toute jeune théorie synthétique de la tectonique des plaques est énoncée en 1967. Généralisée, acceptée, les scientifiques n'en finissent plus de comprendre la Terre. – – Alors, "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement - et les mots pour le dire arrivent aisément. "

Je coupe une pomme en deux et j'observe l'intérieur pour fin de comparaison: « la pomme », la Terre a au moins 5 milliards d'années.

Toute proportion gardée, l'épaisseur de la pelure de la pomme est plus épaisse que la croûte terrestre! À 70 km de profondeur sous les océans, on rejoint le manteau de la terre, soit la pulpe de la pomme. Son coeur, c'est du fer, du nickel en fusion ( ~ 3 000° à 5 500°C). Le manteau, près de la pelure est 'visqueux' ( ~ 2 000°C); c'est de la lave bonne pour les volcans.

Sans vouloir pousser plus loin la comparaison fruitière, je rapporte que les géologues nomment le fin centre de la terre, graine (pourquoi pas pépin?).

Connaissant ces chiffres, une question m'agace. – Sous la plus mince des pelures de pomme, le manteau est à 2 000°C. Est-ce bien l'activité humaine qui est responsable du réchauffement de la planète? La planète a vécu trois glaciations, trois réchauffements connus sans la présence humaine... La presque totalité de présence de vie terrestre a disparue cinq fois depuis les premières traces, il y a 3 850 000 000 d'années.

Gros-Morne, de là son intérêt, présente trois 'générations' de roches. L'explication scientifique se base sur les mouvements de va-et-vient des continents et des océans qui flottent sur le manteau. Chose surprenante, c'est qu'il y a eu plusieurs assemblements et « désassemblements » des « continents ». Le dernier, le plus connu, c'est le morcellement de la Pangée. Toute la terre continentale était d'une seule venue et le reste de la surface terrestre, un immense océan, il y a 200 millions d'années (Ma). (Pas tellement longtemps après, v'là les premiers dinosaures (180 Ma).)

Allons-y à grands traits.

Il y a ~5 milliards d'années, par l'amalgame de roches et de poussières gravitant autour de notre soleil, la Terre est née. Pendant 700 millions d'années sa surface était brulante et l'eau ne s'y maintenait pas à l'état liquide. À partir de 3 850 Ma, la terre refroidie, il s'est mis à pleuvoir et les océans se sont formés.

Une immense croûte continentale émerge, non encore stabilisée.

De 900 à 570 Ma les blocs continentaux se réunissent sous la forme d'un supercontinent, le Rodina (~ 650 Ma). Puis commencent à se séparer six grandes masses continentales.

La Laurentia, constituée des boucliers canadiens, groenlandais et hébridiens (Nord de l'écosse et îles des Hébrides) ainsi que des plateformes Nord-Américaines.

La Baltica, constituée des boucliers d'Europe du Nord et de Russie.

La Sibéria, constituée par le bouclier sibérien.

La Kazakhstania, contituée par le bouclier du Kazakhstan.

La China, constituée par les boucliers chinois et indonésiens.

La Gondwana qui réunit les boucliers et plateformes de l'ensemble de l'hémisphère Sud, cet immense continent est séparé des trois autres par un océan, la Mésogée. L'océan Iapetus (lire: iapétus) sépare la Laurentia et la Baltica.

Je résume.

Alors qu'il pleuvait beaucoup, un super-continent émerge: le RODINA.

RODINA 'fendille': Laurentia, Baltica, Sibéria, Kazakhstania, China, Gondwana baignées par deux océans: Mésogée et Iapetus.

C'est Iapetus qui m'intéresse à Terre-Neuve, parc Gros-Morne.

À une époque remontant entre 500 et 450 millions d'années, les plaques inversèrent leur marche de sorte que les deux rives de Iapetus se mirent à se rapprocher. Iapetus se referma en 100 millions d'années, les collisions continentales ayant produit de grands effets durant autant de temps. Toutes les masses continentales étaient à nouveau réunies en un super-continent, la Pangée. Des fragments de la croûte océanique et du manteau de même que des sections de l'ensemble Eurasie-Afrique se trouvèrent emprisonnées à l'intérieur des terres. Ces roches allaient constituer le socle de Terre-Neuve.

Les forces titanesques ont même fait remonté en surface de la 'pulpe de pomme', du manteau de la terre (dans le parc, cette formation se nomme Tablelands). Les Rocheuses, les Appalaches (etc) se sont formées durant le rassemblement de la Pangée.

Il y a environ 200 millions d'années, la Pangée se scinde bien à l'Est du rift antérieur. Gros-Morne n'est plus une limite nord-américaine. La chaîne de montagnes qui le voisine est appalachienne et provient de l'ancien continent. Cette roche autochtone a 1 250 millions d'années.

Alors que je marchais sur le mont 'Tablelands' (roche provenant du manteau: péridotite impropre à la végétation) je pouvais apercevoir le sommet de Gros-Morne principalement formé de sédiment marin de l'ancien océan Iapétus et un peu sur la droite une petite partie des monts Long Range provenant de la marge de l'ancien continent. Tout ça, d'un seul coup d'oeil. De quoi faire dire à l'espace de ce regard qu'il compose le temps.

De fait, ce que j'apercevais, c'est le résultat d'une très longue période de forte érosion. Le socle de Terre-Neuve garde très peu de sol végétal. Terre-Neuve, it's « The Rock ».

La roche pousse bien à Terre-Neuve. Malgré, il m'est pays de culture.

mercredi, septembre 23, 2009

« He shall have dominion also from sea to sea, and from the river unto the ends of the earth » (*)

Quand tu as voyagé le pays, de la « trail à Cabot » jusqu'à la Chilkoot Pass, que tu as fait du canot sur le Kluane lake et sur le Saguenay, que tu as pris une petite marche dans le village Pubnico, sur les collines de Cyprès et mouillé tes semelles au Pacific rime, c'est que tu développes le goût du pays. « Et dominabitur a mari usque ad mare, et a flumine usque ad terminos terrae. » Psaume 72, v. 8.

Le voyageur regardant sa carte routière constate rapidement que son 'cv' pourrait rejoindre d'autres parties de ce vaste rêve qu'est le « pluss beau, le pluss meilleur, le pluss facilll à visiter ». Non, pas encore, je n'irai pas à Old Ochard c'été. J'irai à Newfoudland en airplane!

Partir pour Terre-Neuve, me donne les mêmes émotions que de projeter un envol pour une « Nouvelle Norvège D'où les blonds ciels s'en sont allés ». Je sens d'instinct que ce dépaysement me 'paysannera' davantage, que la rudesse du territoire apprivoisera en douceur mon désir d'être inclus.

Le 5 septembre, je couchais à St. John's pour deux nuitées. Je visiterai la ville surtout à pied. Confirmation, dans l'architecture et dans l'organisation civile des caractères irlando-anglais. Par intérêt touristique, je me suis rendu au point le plus à l'est du Canada, de l'Amérique du Nord, le Cap Spear. J'étais à mes début des 4 555 km qui seront justifiés par un enthousiasme soutenu. D'autant plus que je ne suis pas à Terre-Neuve pour des oeuvres d'homme; j'y suis pour constater des travaux planétaires... J'y suis pour ce que Terre-Neuve offre de plus vieux. J'y viens pour toucher l'espace-temps en érosion...

Je ne dirai pas tout. Je ne dirai pas que j'ai mangé de la Pan Fried Cod with Scruncions & French Fries presque à tous les jours... Et même des petits gâteaux de poissons pour déjeuner!

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À suivre.

(*) Les hébergements administrés par les anglais influencés par les religieux citoyens américains offrent encore des « petites bibles » dans les tiroirs de commode de leurs chambres. Rien comme enfiler une page ou deux d'affirmations gratuites pour trouver le sommeil du juste (Psaume 4-...).

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dimanche, septembre 20, 2009

On the rock.

L'absence a toujours une justification. - - J'arrive de là que des anglais d'expression nomment « The Rock » (Ça aussi, c'est justifié!). Durant deux pleines semaines, émerveillement grandissant, je me suis instruit de 'nourritures terrestres'. Ce voyage a de quoi me fossiliser des images, des concepts qui ne me quitteront qu'avec les gaz de mon incinération. Dans des textes à venir, je soulignerai les activités majeures qui m'ont fait aimer l'île au dixième rang mondial pour sa superficie.

J'illustre l'endroit... pour ne pas le nommer!