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lundi, septembre 06, 2010

"Ma Normandie", la chanson, le pays... des Impressionnistes.

Rouen, Sainte-Adresse

FRÉDÉRIC BÉRAT (1801-1855)

Frédéric Bérat
(Rouen 1801- Paris 1855)
Chansonnier
Frédéric Bérat est né à Rouen le 11 mars 1801.
Employé à la compagnie du gaz faisant de la chansonnette à l'occasion, Fédéric Bérat composa une chanson qui fit sa fortune, sur le bateau de Rouen à Sainte-Adresse en 1836: «Ma Normandie»
Ensuite, il se consacra à son métier de chansonnier et se lia d'amitié avec Béranger, un autre chansonnier célèbre. Il composa également d'autres chansons à succès: «Mimi Pinson, le Départ, la Montagnarde, le Retour du petit Savoyard...»
Il est mort à Paris le 2 décembre 1855.


La Normandie fête, tout au long de l'été, "les IMPRESSIONNISTES". Villes, villages, musées, places publiques soulignent ce fort mouvement culturel, là où il est né, tout juste d'un siècle récent. Le tout est remballé à la fin du mois. Malheureusement, dans certains villages, c'est déjà fait.

L'avantage d'y aller maintenant, c'est que les Français sont de retour au travail... Mes prochaines nuitées seront à Rouen. Puis Giverny, etc... Et, aux hasards des routes menant à des "plus-beaux-villages-de-France", chez les Belges, chez les Luxembourgeois ou toute justification aux débordements de frontières voisines, y vivre pour un tout petit mois.






Et pour choses savantes, on s'instruit sur ce site:CLUTUREBOX .

mercredi, juin 02, 2010

Ai-je assez vu mourir?

... passage de La peste.    Dans le roman de Camus, des personnages tentent de soulager leurs semblables dans Oran en quarantaine, accablé par une épidémie de peste. Autour de Rieux, le médecin-héros de La peste, qui ne croit pas en Dieu, il y a Tarrou, l'humaniste; Paneloux, le père jésuite; Rambert, le journaliste...

L'échange envoyé par M. Collin se déroule entre Rieux et Tarrou et évoque Paneloux, le jésuite moralisateur:

«Tarrou se carra un peu dans son fauteuil et avança la tête dans la lumière.

- Croyez-vous en Dieu, docteur?

La question était encore posée naturellement. Mais cette fois, Rieux hésita.

- Non, mais qu'est-ce que cela veut dire? Je suis dans la nuit, et j'essaie d'y voir clair. Il y a longtemps que j'ai cessé de trouver ça original.

- N'est-ce pas ce qui vous sépare de Paneloux?

- Je ne crois pas. Paneloux est un homme d'études. Il n'a pas vu assez mourir et c'est pourquoi il parle au nom d'une vérité. Mais le moindre prêtre de campagne qui administre ses paroissiens et qui a entendu la respiration d'un mourant pense comme moi. Il soignerait la misère avant de vouloir en démontrer l'excellence.»

(Les SOURCES liées:  s1,    s2,    s3. )

dimanche, avril 25, 2010

Un islamiste et son devoir religieux de tuer; un résultat.

Pourquoi?


Extrait de « Ma vie rebelle », Ayaan Hirsi Ali, Nil Editions, 2006, p. 461...

« Quelques jours plus tard, j'avais rendez-vous avec la production d'une émission de télévision on' ne peut plus néerlandaise, Les Invités de l'été, à laquelle je devais participer à la fin du mois d'août. C'est une émission où les invités parlent d'eux pendant trois heures et sélectionnent des extraits d'autres programmes qui les ont marqués : vieilles sitcoms, événements sportifs historiques, documentaires ou émissions pour enfants. Les spectateurs prennentplaisir à se remémorer ces souvenirs inscrits dans la
mémoire collective, en même temps que la personne interviewée. N'ayant pas vécu assez longtemps aux Pays-Bas pour avoir ce genre de souvenirs, j'ai demandé à l'équipe de production si elle accepterait de diffuser à la place un court-métrage sur lequel je travaillais avec Theo Van Gogh. Il pourrait être prêt le 29 août, le jour de l'enregistrement de l'émission. Je leur ai décrit le film dans ses grandes lignes. Ils m'ont dit que ce serait inhabituel, mais ils ont
accepté. J'ai appelé Theo, et nous avons décidé de nous lancer.

Le film que nous avons fait ensemble, Submission, Part One, s'intéresse avant tout à la relation entre l'individu et Allah. L'islam se distingue du christianisme et du judaïsme par le fait que l'homme doit à Dieu une soumission totale : c'est une relation de maître à esclave. Le culte d'Allah implique l'obéissance absolue aux règles qu'Il a édictées et le renoncement absolu aux pensées et aux actes qu'Il a proscrits. Moderniser l'islam, l'adapter aux idéaux contemporains requerrait de remettre en question ces règles, mais l'islam est ainsi fait que tout désaccord avec Dieu est blas­phème : on n'a pas le droit de se considérer comme Son égal.

Le Coran raconte l'histoire frappante de la façon dont Satan fut chassé du royaume des anges. Après la création d'Adam, Allah ordonna aux anges de s'incliner devant premier homme, mais Satan refusa d'obéir. Il tint tête à Allah : pourquoi lui, ange éminent, devrait-il s'humilier devant une créature de boue? Pour le punir, Allah l' expulsa du paradis, et depuis ce jour Satan essaye de détourner Adam et sa descendance du Droit Chemin. Tout homme qui doute du bien-fondé des lois d'Allah est la proie de Satan.

On raconte cette histoire à la plupart des petits musulmans. Enfant, elle m'obsédait. À présent, je me rendais compte que pour réussir à émanciper les musul­manes il fallait d'abord libérer l'esprit de l'ensemble des musulmans de cette obligation rigide et dogmatique d'obéissance. Le Coran décrit sans cesse Allah comme «L'Indulgent, Le Très Miséricordieux» et répète qu'Il nous a donné une volonté propre. Dans ce cas, me suis-je dit, pourquoi s'opposerait-II à un petit débat?

Quand j'ai commencé l'écriture du scénario, j'ai décidé d'utiliser la forme de la prière pour un dialogue avec Allah. J'ai imaginé une femme debout au milieu d'une pièce. À ses pieds, un tapis de prière. Dans chaque coin, quatre autres femmes illustrent les souffrances provoquées par le respect littéral de certains versets du Coran. La femme au centre de la pièce est voilée, mais son voile est transparent de façon à mettre Allah au défi de contempler ce qu'II a créé, le corps de la femme. Sur son torse nu est inscrite la première sourate du Coran, la Sura Fatiha, par lequel les musulmans doivent commencer chacune de leurs prières. 
  La femme garde la tête baissée et le regard fixé sur l'ex­trémité du tapis, où se pose d'habitude son front quand elle se prosterne pour exprimer sa soumission absolue. Mai après avoir récité la Sura Fatiha, elle relève la tête. Et, tandis que la caméra se déplace vers la femme qui se trouve dans le premier coin, elle s'adresse à Allah. Elle lui dit qu'elle s'est toujours efforcée de lui obéir, mais que, sur Ses ordres, on l'a blessée et brisée. Parce qu'elle est tombée amoureuse, on lui a infligé, en Son nom, cent coups de bâton. Elle termine, très simplement, par la phrase : « Je pourrais ne plus me soumettre. »

Dans le deuxième coin, il y a une femme que l'odeur de son mari dégoûte. On l'a forcée à l'épouser, et à présent elle doit se soumettre à lui sexuellement, car le Coran dit : « Quand vos femmes se sont purifiées, alors cohabitez avec elles suivant les prescriptions d'Allah. » Dans le troisième coin, une femme battue par son mari au moins une fois par semaine : « Celles dont vous craignez l'infidélité, admo­nestez-les, reléguez-les dans des lits à part, battez-les.» Dans le quatrième coin, enfin, une jeune fille qui vit cloîtrée dans sa propre maison. Violée par son oncle, enceinte, elle attend son châtiment pour avoir eu un rapport sexuel sans être mariée.

J'ai intitulé le film Submission, Part One parce que la soumission à l'islam cause beaucoup d'autres souffrances que je comptais évoquer plus tard. Je voyais ce film comme le premier d'une série qui remettrait en question la relation de maître à esclave entre Dieu et l'individu. Le message que je voulais faire passer, c'était que le Coran était l'œuvre de l 'homme, non de Dieu. À ce titre, nous devions nous sentir libres de l'interpréter et de l'adapter à l'époque moderne plutôt que de tenter, par de douloureuses contor­sions, de vivre comme les premiers fidèles, dans un passé lointain et terrible.

Le film était facile à réaliser. Theo ne voulait pas s'em­bêter à constituer des dossiers de demande de subventions: on allait tourner un petit film de dix minutes, on verrait bien ce qu'il deviendrait. À la fin du mois de juillet 2004, j'avais terminé le scénario. Theo a loué un studio avec quelques accessoires et engagé une actrice et une maquilleuse. » ...

- - - - - - -
Mohammed Bouyeri, 27 ans, l'assassin du cinéaste néerlandais Theo Van Gogh, a fait, jeudi 2 février 2006, un rappel que Mahomet « a prêché la violence ».

jeudi, mars 25, 2010

Mes amitiés éphémères 

À la fenêtre de l'hiver en adieux, j'ai souvenir.
BILAN DE MES LECTURES

« La philosophie de la religion » Par Jean Grondin. PUF. Pourquoi vit-on ? La philosophie jaillit de cette énigme, sans ignorer que la religion cherche à y répondre. La tâche d'une philosophie de la religion est de méditer le sens de cette réponse et la place qu'elle peut tenir dans l'existence humaine, à la fois individuelle et collective. La philosophie de la religion se veut ainsi une réflexion sur l'essence oubliée de la religion et ses raisons, voire sa déraison. A quoi tient, en effet, cette force du religieux que l'actualité est loin de démentir ? - - J'ai reçu ce tout petit livre d'une personne qui connaît mes intérêts. Je sais que je relirai ce 'Que sais-je?'.

« Montréalistan » Par Fabrice Pierrebourg. Voyage au coeur de la mouvance islamique montréalaise. Je croyais Montréal à l'abri de toute menace terroriste? Je me trompais. «Toutes les composantes de l'Islamisme radical sont présentes» dans la métropole. C'est ce que révèle le journaliste F. P., un livre-choc sur la mouvance islamique, paru en mars 2007. Préface de Michel Auger. Éditions Stanké.

J'ai souvenir encore.
J'ai dégusté « Heureux sans dieu » (La parole aux athées, agnostiques et incroyants québécois: témoignages de Normand Baillargeon, Daniel Baril, Cyrille Barrette, Arlette Cousture, Louisette Dussault, Hervé Fischer, Louise Gendron, Louis Gill, Yves Gingras, Yves Lever, Isabelle Maréchal, Martin Petit, Ghislain Taschereau et Yannick Villedieu. ). Yves Lever m'a particulièrement 'référencé'. Ghislain Taschereau est souvent drôle.

« Le monde s'est-il créé tout seul? » Docte chose. (des Entretiens avec Albert Jacquard, Trinh Xuan Thuan, Ilya Prigogine, Joël de Rosnay, Jean-Marie Pelt, Henri Atlan.) - - J'ai fait souvent appel à toutes mes neurones pour suivre ces érudits dérangeants; plaisirs assurés dans ces mises à jour savantes.

« Dieu? » Par Albert Jacquard. " Trop longtemps, j'ai cru ce qu'on me disait. Mes parents, puis les prêtres, m'ont appris qu'il existe un Dieu, un autre monde, une vie éternelle, un jugement après la mort. Pour moi, dont l'enfance a été modelée par le catholicisme, cet enseignement a pris la forme du Credo, celui qu'on récite dans les églises. Le scientifique que je suis va donc dialoguer avec l'enfant que j'ai été. Je vais relire le Credo mot après mot et je vais essayer de voir quelle valeur peut lui attribuer le langage moderne, celui de la science. " Des réflexions qui m'ont surpris. Pour avoir été un ara durant près de 26 ans, j'ai pris plaisir à être surpris.

« Dieu!: réponse à Albert Jacquard » Par Normand Provencher. « J'enseigne la théologie à l'université depuis 38 ans. Cependant, loin de moi l'idée d'écrire un petit livre qui prétendrait apporter des corrections à l'ouvrage « Dieu ? » d'Albert Jacquard. On ne trouvera pas ici un résumé ou un compte rendu de sa pensée ni un commentaire précis et savant. Mon propos est beaucoup plus modeste. (…) » J'ai trouvé cette réponse collante de lieux communs, de bondieuseries surannées, d'invention nulle. Honnêtement, je n'ai pu terminer ce prêchi-prêcha hARAssant.

Un cri du coeur me fait souvenir de « L'esprit de l'athéisme: introduction à une spiritualité sans Dieu » Par André Comte-Sponville. L'auteur analyse le phénomène de l'athéisme comme relevant de la croyance au même titre que la foi. Il défend l'idée d'un athéisme ouvert à la spiritualité, définie comme la prise en compte de tous les possibles de l'esprit. L'athéisme est donc vécu comme une position philosophique et non un commandement moral, dont l'auteur ne s'autorise pas à tirer des arrêtés idéologiques. - - Vous aimez beaucoup quelqu'un et cette personne aime beaucoup les choses de l'esprit. Offrez-lui ce livre!


« Une petite fin du monde: carnet devant la mort ; suivi de Fragments ... » Par Laurent-Michel Vacher. Au cours des derniers mois de sa vie, Laurent-Michel Vacher (1944-2005 ; enseignant la philosophie au Collège Ahuntsic) a tenu un carnet où il consignait ses réflexions sur la Mort (causée par un long cancer). Il affrontait ainsi par écrit sa destinée avec la lucidité qui l'a toujours caractérisé. - - Dans l'extrait choisi, il commente la pensée de Montaigne sur la mort comme fin de la vie. J'ai donc pris en exemple ce philosophe pour m'aider à apprivoiser ma mort. Je m'en rapproche. J'entretiens l'hypothèse que la finitude de ma vie, la proximité de ma mort ne devraient pas m'effrayer. J'envisage une longue acceptation. C'est pourquoi j'ai relu des passages du petit livre...
Texte (extrait d'Une petite fin du monde)
"M’est avis que [la mort] est bien le bout, non le but, de la vie. C’est sa fin, son extrémité, non pourtant son objet. Celle-ci doit être elle-même à soi sa visée, son dessein. » (Montaigne)

La mort n’est certainement pas l’apogée, l’instant suprême, l’objectif ultime de l’existence. Ce n’en est que le terme ou la fin. Le sens de ce qui l’a précédée, de la naissance à l’accomplissement, ne provient pas spécialement d’elle, mais de tout ce que nous avons fait durant notre vie active. Car nous ne nous définissons évidemment pas par notre mort, mais seulement par l’ensemble de nos choix et de nos actions, dont nous ne sommes en fait que la somme totale."

J'ai souvenir encore... d'avoir additionné deux carences de jeunesse. Je n'avais pas lu « L'Immoraliste » (André Gide; moi qui n'apprécie pas les romans, j'ai souffert!). Je n'avais pas lu « La vie devant soi » (Émile Ajar; pas que c'est vieux, mais on en a tellement parlé...) Ça ne m'a pas été deux gros gains.

Un que j'oubliais, lu à l'automne dont j'ai souvenir maintenant.
« Le roman du Big Bang: La plus importante découverte scientifique de tous les temps. » Par Simon Singh. Notre univers est issu d'une fantastique explosion. En expansion, il avance dans le temps tout en s'étendant dans l'espace, qui plus est à un rythme croissant. Retraçant l'histoire de ce Big Bang, thèse aujourd'hui admise par la communauté scientifique, Simon Singh expose l'histoire des théories cosmologiques depuis l'Antiquité. - - Pour qui ne craint pas de s'éclater.
 
En chantier, deux bons pavés.
« La guerre cachée: Al-Qaïda et les origines du terrorisme islamiste » Par Lawrence Wright. Couronnée par le prix Pulitzer 2007, voici l'enquête la plus approfondie écrite à ce jour sur l'histoire du terrorisme islamiste. Sait-on que la naissance du fondamentalisme islamiste est tout autant liée à la création d'Israël en 1948 qu'au séjour malheureux aux Etats-Unis, la même année, d'un certain Sayyid Qutb ? Que le nom d'Oussama Ben Loden a émergé pour la première fois dans les fichiers de la CIA en 1993 ? Que dans les camps d'entraînement terroristes, on a beau haïr les Etats-Unis, on se délecte quotidiennement des films de Schwarzenegger ? (…)

« Ma vie rebelle » Par Ayaan Hirsi Ali, Claude-Christine Farny, Hannah Pascal. Autobiographie de la parlementaire hollandaise d'origine somalienne Ayaan Hirsi Ali. Fille d'un opposant célèbre à la dictature somalienne, elle a connu l'exil très jeune, puis les camps de réfugiés. Forcée à l'excision, vouée à un mariage forcé, elle n'a dû qu'à son courage de s'échapper pour trouver refuge en Hollande.

Quand je ferme le livre, il m'arrive de me demander pourquoi je reste dans ces ornières de lecture? Je crois tenir un filon de réponse. - - À une prochaine. (Suspence hollywoodien!)

Comme ça, de temps à autre, je ressens un désir indéfini de me laver les mains. Je succombe. Quelques secondes après, je suis à autre chose. Il en est de même avec ma folle faculté de penser. À propos de tout et de rien, ça me prend une idée neuve qui n'est pas de moi. Je succombe. J'ouvre un cadeau: « Traité de la réforme et de l'entendement » (Spinoza, ce presqu'athée!) ou « Maximes » (La Rochefoucauld) ou « Caractères » (La Bruyère). Une ou quelques lignes et me voilà sur un spleen..., d'attaque pour laver la vaisselle ou changer un pneu.

Inconcevablement, puis-je souhaiter recevoir 'EN CADEAU' de cette même collection 'Le Monde de la philosophie' « Montaigne ou la construction de soi ». Quel étrange philosophe, n'est-il pas? - - Décembre reviendra...

. . . . . o o o o o 0 0 0 0 0
Autres sources.
Dans la plupart des présentations de mes lectures, j'ai référencé via le site 'Google / Livres'.

Averroès >> de la photo du billet précédent.

Si ce que tu viens de lire ne t'est pas reposant, vas un peu chez Claude Dubois dont l'âme s'affole.

Brouillon narcissique de culture

« Dis-moi, Narcisse, ce que tu lis, je te dirai ce que tu deviens. » (Also sprach Zarathustra )


Les heures de décembre et de la fin janvier jusqu'à ce que l'arrivée du printemps me captive avec les travaux de tout ce qui est en partance pour la belle saison, sont ma période annuelle de lecture intense. C'est habituellement ces longs moments d'hiver qui me donnent le goût et le temps d'entreprendre un champ de lecture. Il est vrai que mes intérêts soutenus reviennent à peu de sujets. Pour ainsi dire, je me tiens souvent devant les mêmes rayons de la BiblioMondo. J'aime creuser un jardin sachant que c'est le fond qui manque le moins.

Ce matin, regardant par la fenêtre ce qui me semble une dernière petite rage de l'hiver, m'est revenu « en bilan » de bons moments de lecture, de réflexion des dernières semaines. - - Pourquoi ne pas écrire ce bilan? Pourquoi ne pas parler de mes amitiés éphémères? Je dirai ce que j'ai lu; je saurai ce que je deviens...
(D'un Clic!, je deviens très gros.
Deux chauves sont perceptibles...)

Suit, le billet « Mes amitiés éphémères », le bilan de mes lectures d'hiver et un peu plus.

lundi, mars 15, 2010

À Pi Day, ce 14 mars

Google rappelle dans sa page d'ouverture un grand moment d'humanité consciente.


Pourquoi aujourd'hui? Un amusement de matheux l'explique.
Pi vaut approximativement 3,14159...

3 pour mars .....   14, le 14e jour de mars
1 pour une heure  .... 59 pour 59 minutes !!!

Pour continuer l'amusement avec des chiffres, je recommande Prise2Tête pour aujourd'hui, et sa page d'Accueil pour demain...

D'où vient Pi comme d'où vient Dieu? De très, très loin.

Pi n'a de grec que son symbole.

(…) On trouve des tablettes de Babylone du 20e siècle avant J.C. où des mathématiciens ont procédé à ce qu’on appelle des calculs d’aires, qui les ont conduits à accorder à pi une valeur de 3 + 1/8. Ce qui, si vous affichez votre calculatrice, vous donnera 3,125.

Pas aussi précis qu’aujourd’hui, mais étonnamment près de la vérité compte tenu des moyens de l’époque. Il faudra attendre Archimède, 1800 ans plus tard, pour arriver, au terme d’un complexe calcul, à une valeur de 3,14185. Restait à imaginer qu’une séquence de décimales puisse s’étendre à l’infini, et pour cela, il faudra attendre le 17e siècle.
( Pour en lire la source et plus... )

Combien d'heures de ma vie d'étudiant, de matheu, de bricoleur ont tourné autour du rapport entre la longueur de la circonférence sur son diamètre? Combien de champs des mathématiques se servent de Pi? Combien « d'applications » de ce modèle mathématique utilisées quotidiennement?

Sur mon vélo, un petit bidule enregistre les km parcourus, la vitesse... 
Réalité cocasse, les Incas, grands bâtisseurs du XIIIe, XIVe siècles ne connaissaient pas la roue, pas Pi...

Association circonstanciée.

Le Président des É-U et sa fille ont pris ce plaisir... Cyberpresse rapporte un fait honorable.

lundi, février 08, 2010

Qui n'en a pas lus...

Livres de PocheLe 9 février 1953, Henri Filipacchi, des éditions Hachette, publie à Paris les premiers titres d'une collection appelée à un grand avenir : Le Livre de Poche. Le n°1 est un roman de Pierre Benoît, Koenigsmark. Avec un prix trois ou quatre fois moindre que les livres conventionnels, les nouveaux livres au format de poche séduisent un public jeune et peu fortuné.
Déjà, en 1905, les éditions Jules Tallandier avaient commercialisé des livres sous l'appellation «livre de poche» mais il ne s'agissait encore que de littérature de gare (petits romans populaires). La véritable naissance du format de poche remonte à la création par Allen Lane, en 1935, en Angleterre, des éditions Penguin. Dans le domaine francophone, on peut citer la collection Marabout, créée à Verviers (Belgique) en 1948.

dimanche, juillet 05, 2009

"Le Monde" sont drôle

"Le Monde" sont drôle, n'est-il pas!

Le journal parisien manque de surveillance. Un Prix Nobel de littérature déborde de ses compétences. -- Louis-XV a laissé à la perfide Albion, sa colonie d'Amérique sans en connaître le contenu. Encore, un Français-de-France qui croit connaître « les arpents de neige », porte des jugements colonialistes « passés date», mise sur une main-mise rendue depuis longtemps impossible. Le Québécois réagit: « Maudit Français, Go home! ».

Mario Roy illustre habilement le fait en titrant son édito par « La courtepointe de Le Clézio ». À lire, si ce matin, vous n'avez pas le sourire facile au dimanche d'été sans chaleur.

p.s. Le Français-de-France termine son arraché avec un contenu inconnu de Louis-XV, quelques belles images enneigées...

« Restera la mémoire, la voix de Rita Mestokosho, légère et durable avec Nipin :

"Ce mot est une saison

C'est aussi le son que font les saumons

(dans le rêve du pêcheur

Pourtant il nage avec force

avec son dernier souffle

Pour laisser échapper tout ce qui reste

(de son dernier voyage

Viendront aussi les petits fruits

que mon grand-père l'ours attend

au détour d'une rivière

et lorsqu'il se nourrit de l'été

sa graisse dégage toute la valeur

(de la vie.

Moi je puise l'eau qui nettoiera

(mon âme

et les pierres mes grands-pères

guideront mon coeur" »

Merci m'sieu Le Clézio de m'avoir présenté une Québécoise qui «rampe pour humer la vie... »

(L'image: La lutte contre le magicien — Chanson de Damien Mestokosho
Illustration : Georgette Obomsawine ) (Chercher l'onglet >> Texte lu par l'auteur )

mardi, juin 30, 2009

Un p'tit coin d' parapluie

Le parapluie (Georges Brassens)

Il pleuvait fort sur la grand-route
Ell' cheminait sans parapluie
J'en avais un, volé, sans doute
Le matin même à un ami
Courant alors à sa rescousse
Je lui propose un peu d'abri
En séchant l'eau de sa frimousse
D'un air très doux, ell' m'a dit " oui "

Un p'tit coin d'parapluie
Contre un coin d'paradis
Elle avait quelque chos' d'un ange
Un p'tit coin d'paradis
Contre un coin d'parapluie
Je n'perdais pas au chang', pardi

Chemin faisant, que ce fut tendre
D'ouïr à deux le chant joli
Que l'eau du ciel faisait entendre
Sur le toit de mon parapluie
J'aurais voulu, comme au déluge
Voir sans arrêt tomber la pluie
Pour la garder, sous mon refuge
Quarante jours, quarante nuits

Un p'tit coin d'parapluie
Contre un coin d'paradis
Elle avait quelque chos' d'un ange
Un p'tit coin d'paradis
Contre un coin d'parapluie
Je n'perdais pas au chang', pardi

Mais bêtement, même en orage
Les routes vont vers des pays
Bientôt le sien fit un barrage
A l'horizon de ma folie
Il a fallu qu'elle me quitte
Après m'avoir dit grand merci
Et je l'ai vue toute petite
Partir gaiement vers mon oubli

Un p'tit coin d'parapluie
Contre un coin d'paradis
Elle avait quelque chos' d'un ange
Un p'tit coin d'paradis
Contre un coin d'parapluie
Je n'perdais pas au chang', pardi

Merci Georges. Mon pays, mon paradis, il est ici, pardi!

dimanche, juin 21, 2009

1559 >> tempus fugit >>> 2009

Vous pensez au solstice d'été. Je vous amène ailleurs.

Il y a 450 an, un 21 juin comme aujourd'hui, le roi Henri II, fils de François Ier et de Claude de France (Catherine de Médicis) était blessé mortellement lors d'une célébration de fin de guerre.

Une époque où l'alchimie, l'astrologie, la cristalogie, la religion, la magie, la science, la numérologie, les arts divinatoires et encore, faisaient un tout savant qui représentait les vérités du temps. Quels rois ou reines ou papes n'avaient pas son devin préféré, créateur de nuits blanches?

Michel de Nostredame dit Nostradamus publiait en 1555 "Centuries", au style sibyllin, dont voici le quatrain I - 35. C'est le plus réputé des quatrains prophétiques.

"Le lyon jeune le vieux surmontera,

En champ bellique par singulier duelle,

Dans cage d'or les yeux lui crèvera,

Deux classes une puis mourir mort cruelle."

Selon certains, ce quatrain fait référence à la mort du roi Henri II. En effet, le 30 Juin 1559 (des historiens se chicanent sur cette date), des cérémonies célèbrent le traité de Cateau-Cambrésis, qui mettait fin aux guerres pour le contrôle de l'Italie entre Henri II roi de France et Philippe II d'Espagne. Le traité prévoyait également les mariages "politiques" de la sœur d'Henri II, Marguerite de Valois (la bien fameuse reine Margot!), avec le duc de Savoie et celui de sa fille aînée Élisabeth avec le roi d'Espagne, veuf depuis la mort de Marie Tudor.

Lors d'un tournoi de chevalerie organisé à cette occasion (21 juin 1959 - - de là mon rappel), le jeune comte Gabriel de Montgomery affrontera le roi. Au second assaut, les lances se brisent, et un éclat de celle de Montgomery soulève la visière d'Henri II et pénètre dans l'œil du roi qui meurt 10 jours plus tard, malgré les soins prodigués par Ambroise Paré (*) et André Vésale (**). L'émoi à la Cour fut considérable. Pourtant personne à l'époque ne fit le rapprochement avec le quatrain. L'épisode contribuera, beaucoup plus tard, à la longue renommée de Nostradamus.

Un examen minutieux fait apparaître que beaucoup des quatrains rédigés par le voyant de Provence sont en fait des commentaires politiques, et des critiques justifiables des activités de l'Eglise Catholique, occupée à l'époque à jeter les hérétiques au bûcher, là où l'Inquisition avait le pouvoir de le faire. (En lien avec mon prochain billet...)

Avec ses "Centuries", son œuvre dont la poésie puise à la source de Pétrarque, de Dante, de Boccaccio, s'inscrit dans une littérature eschatologico-astrologique (prévision de la fin des temps par l'astrologie, par des pratiques religieuses (ex. témoins de Jéhovah)) l'autorisant à se nommer prophète à une époque où les astrologues s'abritent derrière leur science (quelle science?***), face à une église en crise (l'ère du protestantisme).

___________________________

(*) Le chirurgien inventeur... Le premier à ligaturer des artères sur des blessés de guerre. « Je le pansay, Dieu le guarist ( en moyen français) >> Je le pansai et Dieu le guérit. »

(**) Ses travaux d'anatomiste mettront fins aux dogmes et galénismes qui bloquaient toute évolution scientifique depuis mille ans.

(***) C'est encore tristement ça de nos jours: « Étoiles et molécules » Éditions de l'homme. Elizabeth Teissier, grande prêtresse de l'astrologie européenne, se présente en longueur et 'interview' Henri Laborit. -- Ne perdez pas votre temps dans ce livre. J'ai bien failli tomber dans cette errance flâneuse.

dimanche, mai 31, 2009

De la nature corpusculaire de la lumière.

Il est une coutume savante, chez les écrivains, les gens de dissertation, de thèse ou de publications éclairées, d'attirer l'attention, de captiver l'intérêt du lecteur en offrant l'apéro avec des citations campant l'oeuvre à lire. J'apprécie cette manière de m'inviter. Pour moi, c'est un peu comme si l'auteur répondait à ma question « Dis-moi qui tu cites? Je saurai dans quoi je m'embarque. »

Conséquemment, si je ne connais pas l'auteur qui épaule, j'ouvre le 'Robert #2'.

Cette fois, je suis gâté. Simon Singh semble connaître plus de savants que Robert! Et il en met le Simon, c'est de son âge...

(avis. La numérotation/renvois sont du rapporteur; on aura compris.)


Simon Singh

Le roman du Big Bang

La plus importante découverte scientifique de tous les temps. (éd. JC Lattès)


Ce livre n'aurait pu voir le jour sans Carl Sagan, James Burke, Magnus Pyke, Heinz Wolff, Patrick Moore, Johnny Ball, Rob Buckman, Miriam Stoppard, Raymond Baxter, et tous les producteurs et réalisateurs d'émissions de télévision scientifiques qui ont éveillé mon intérêt pour la Science. (1)

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤


Placez trois grains de sable à l'intérieur d'une vaste cathédrale, et la cathédrale sera plus densément remplie de sable que l'espace ne l'est d'étoiles. (James Jeans) (2)

Les efforts déployés pour comprendre l'univers constituent l'une des rares choses qui élèvent la vie humaine légèrement au-dessus du niveau de la simple farce, et lui donnent une part de la grâce de la tragédie. (Steven Weinberg) (3)

Dans le domaine de la science, on essaie d'expliquer aux gens, de façon à être compris de tout le monde, quelque chose que personne ne connaissait auparavant. Dans le domaine de la poésie, c'est exactement le contraire. (Paul Dirac) (4)

La chose la plus incompréhensible à propos de l'univers est qu'il soit compréhensible. (Albert Einstein) (5)

Au commencement (titre du premier chapitre) – De la mythologie à la cosmologie, de la préhistoire à 1900

La science doit commencer avec des mythes, et avec la critique des mythes. (Karl Popper) (6)

Je ne me sens pas tenu de croire que ce même Dieu, qui nous a octroyé entendement, raison et intelligence, ait voulu que nous renoncions à en faire usage. (Galilée) (7)

Vivre sur Terre coûte peut-être cher, mais notre séjour comprend un voyage annuel gratuit autour du Soleil. – Anonyme (8)

La physique n'est pas une religion. Si c'était le cas, nous aurions beaucoup plus de facilités à trouver des financements. (Léon Lederman) (9)


1- Si je vous nommais « mes reconnaissances » ce serait principalement tous les Frères du Sacré-Coeur qui m'ont enseigné depuis ma toute première année (Fr. Omer, s.c.), au Collège Roussin de la Pointe-aux-Trembles et où j'ai enseigné à mon tour, pour la suite des choses.

2- Depuis que je l'ai lue, à tous les jours, cette comparaison me donne « de l'espace mental, spatial! ».

3- Bon-bin. Faudrait connaître le contexte dans lequel c'est avancé.

4- J'aime la science. J'aime la poésie quand je la comprends. Suggestion du jour...

5- A. E. philosophe, parle à nos deux cerveaux. L'antithèse les met en réseau.

6- C'est l'expression d'un principe pédagogique, soit « Partir du connu, tâter ses assises puis amener à un concept nouveau. »

7- « Et pourtant, elle tourne! » >E pur si muove!<

8- L'éclat de rire savant. Un gag d'intello ;-)

9- Jéhovah inspire, c'est connu. Pour de l'argent, il nourrit d'espérance.

vendredi, mai 29, 2009

Dis-moi ce que tu lis.

Je te dirais tout.

Igor et Grichka Bogdanov

Voyage vers l'instant ZÉRO.

E.p.A. Hachette

Extrait de la page 9.


MESURER L'ESPACE-TEMPS

Pour fixer nos idées, supposons que le Soleil soit une orange: à cette échelle, la Terre est un grain de sable à 9 mètres de l'orange,

Jupiter un noyau de cerise à 60 mètres, Saturne aussi, mais à 120 mètres,

et Pluton de nouveau un grain de sable, à plus de 600 mètres du Soleil cette fois!

Si notre orange était place de l'Étoile (Paris), Pluton serait quelque part place de la Concorde.

À cette échelle, notre Système solaire tient dans l'avenue des Champs-Élysées !

Toutefois, pour trouver d'autres étoiles dans la Voie lactée, il faut aller beaucoup plus loin: à environ 4 000 kilomètres, soit la distance de Paris à Moscou, avant d'atteindre Alpha du Centaure, l'étoile la plus proche.


Quant à la Galaxie, toujours à cette échelle, c'est un amas d'oranges de 35 millions de kilomètres de diamètre dans lequel le Soleil n'est qu'une orange, une étoile banale parmi les centaines de milliards d'autres qui brillent dans notre seule Galaxie, la Voie lactée.

Et l'Univers lui-même contient au moins 100 milliards de galaxies.. Peut-être même plus, selon les estimations les plus récentes.

- - - -

Il y a quelques jours, Réjean me demande « Que lis-tu de ce temps? » comme d'autres me lancent plus banalement « Quoi de neuf? »


De lui répondre avec intérêt « Du gros, du pesant, de l'intéressant pour ne pas dire du surprenant. Comme tu sais, je m'accoquine aisément avec des contenus 'à connaissance'. J'aime davantage savoir que de me faire avoir par de belles histoires bien prosées. – Il y a des champs de lecture où il vaut mieux être prudent car, par enthousiasme, une oeuvre peut nous ancrer dans une ornière qui devient 'notre vérité'. Difficile d'en sortir! Pour ne pas être hermétique, ce dont parfois tu m'accuses, je te donne des exemples.


Jean Guitton le prolifique, mort il y a dix, en a captivé plus d'un. Des amis de Guitton comme Garrigou-Lagrange, Claudel, Teilhard ou Paul VI, donne que ces « plus d'un » se sont fait écraser par un néo-thomisme (tu te souviens du gars de La Somme) où les rapports entre la foi et la raison ont vidé leur encrier. Pourquoi se satisfaire d'un Dieu? Il y en a tellement.


Pourquoi se contenter d'une philosophie, d'une seule manière d'aimer la sagesse, d'un savoir totalisant, d'une unique façon de chercher le bonheur?


Alors l'ignare que je suis s'intéresse à une science toute neuve, le « big-bang ». Par prudence, comme je disais, pour ne pas devenir un disciple d'une grosse tête, je lis de celui-ci, de celui-là. Actuellement, je mène trois auteurs de front. Le sujet porte ces savants à suivre une table des matières qui se ressemble. En faire une lecture parallèle, c'est aisé. Je m'applaudis à me dire que je fais de la science comparée!


Si ça ne t'ennuie pas, je te précise ces lectures.


Hubert Reeves

Dernières nouvelles du cosmos

Vers la première seconde (Seuil)


Simon Singh

Le roman du Big Bang

La plus importante découverte scientifique de tous les temps. (JC Lattès)


Igor et Grichka Bogdanov(*)

Voyage vers l'instant ZÉRO.

E.p.A. »

- - - - - -

L'affaire Bogdanov. (*)


Je vais m'empresser de vous en faire lire des petits-petits bouts...

mardi, mai 05, 2009

Récits de voyage -- Six et fin

MARCO POLO (1254-1324), La Description du monde (1298)

Marco Polo, né en 1254 et mort en 1324, à Venise, appartient à une famille de marchands. En 1253, Maffeo et Nicolo, dont la femme est alors enceinte, quittent leur ville natale pour rejoindre le comptoir fondé à Constantinople par leur frère, Marco l'Ancien. En 1261, un voyage commercial en Asie les mène jusqu'à Karakorum, la capitale des Mongols où ils rencontrent le Grand Khan Khubilaï Khan, qui les charge d'une ambassade auprès du pape. De retour à Venise, les frères Polo ne peuvent s'acquitter de leur mission: le souverain pontife est mort et l'on tarde à élire un successeur. Ils repartent en 1270, emmenant avec eux le fils de Nicolo, le jeune Marco. Le voyage, par voie de terre jusqu'à Cambaluc (Pékin), dont Khubilaï a fait sa capitale, dure jusqu'en 1275. Marco Polo séjourne alors en Chine jusqu'en 1292, auprès du Grand Khan qui lui confie des missions diplomatiques et administratives en diverses provinces de l'Empire. En 1291, les Polo quittent la Chine; empruntant cette fois-ci une voie maritime, ils arrivent à Venise en 1295.

En 1298, à la suite de combats entre navires vénitiens et génois, Marco Polo est emprisonné à Gênes où il a pour compagnon de captivité l'écrivain Rustichello de Pise. De cette rencontre naît une œuvre fondatrice du genre du récit de voyage, dans la mesure où l'itinéraire suivi ordonne la trame narrative dans laquelle s'inscrivent les descriptions. Après le prologue et l'implication des circonstances qui président au voyage, le livre Jque les contrées traversées ou approchées par les Polo dans Ia route vers le Grand Khan, puis le monde mongol et en particulier la Chine où s'est installé Khubilaï; enfin, le trajet du :our nourrit l'une des premières descriptions occidentales de ce 'on appelait alors les Indes.

Le livre de Marco Polo rencontra d'emblée un grand succès, comme l'atteste le nombre des manuscrits, auxquels les copistes donnent divers titres: La Description du monde (Le Devisee,nt du monde, en ancien français), Le Livre des Merveilles, Il Millione en italien.

Ceylan: tombeau d'Adam (?...) du Bouddha

Sachez encore qu'il y a dans cette Île de Ceylan une très grande et haute montagne, si abrupte et escarpée que nul ne peut y monter sans utiliser de grandes et grosses chaînes de fer, disposées de telle sorte que les gens puissent faire l'ascension de la montagne. J'ajoute qu'on dit qu'au sommet de cette montagne se trouve le tombeau d'Adam, notre premier père. Selon les sarrasins, il s'agit en effet du tombeau d'Adam, mais selon les idolâtres, il s'agit du premier tombeau du premier idolâtre du monde, qu'ils nomment Bouddha Sakyamouni. Ils disent que ce fut le meilleur homme du monde et qu'il fut un saint, à leur manière. Ils racontent qu'il était le fils d'un riche roi, mais menait une vie si pure qu'il ne se souciait pas des choses de ce monde et ne voulait nullement être roi. Quand son père vit son mépris des choses terrestres, sa répugnance à régner, il en futt fort fâché, il le tenta par de nombreuses promesses, mais le fils ne voulait de rien. Ce fut pour le père une grande douleur, d'autant plus qu'il n'avait pas d'autre fils à qui il pût transmettre son royaume après sa mort. Aussi eut-il l'idée de faire construire pour son fils un magnifique palais où il le fit servir par de nombreuses jeunes filles, les plus belles qu'on pût voir, auxquelles il commanda de jouer jour et nuit avec lui, de danser et de chanter pour lui et que le cœur de son fils s'intéressât enfin aux choses de ce siècle. Mais ce fut peine perdue, car le fils disait qu'il voulait partir à la recherche de celui qui ne mourra jamais, bien que tout homme est promis à la mort, vieux ou jeune. Ainsi fit-il. Une nuit, il sortit en secret de son palais, rendit dans des montagnes très hautes et écartées où il se retira pour mener une vie très vertueuse, rude, aussi ardente que s'il eût été chrétien, et s'il l'eût été en effet, c'eut été un grand saint, à la façon de Notre-Seigneur Jésus, tant il menait une vie pure et vertueuse. Quand il mourut, on en informa son père. Quand celui-ci vit mort celui qu'il aimait plus que lui-même, il faillit en perdre la raison, fit faire à son image une statue en or, incrustée de pierres précieuses et la fit adorer aux habitants du pays, et ils disaient qu'il était dieu. Ils le disent encore aujourd'hui joutent qu'il est mort quatre-vingt-quatre fois. La première fois qu'il mourut, il mourut homme, puis ressuscita, devint bœuf et mourut bœuf, ressuscita et devint cheval, et disent-ils qu'il mourut quatre-vingt-quatre fois, et chaque fois il devenait un animal d'une espèce différente; la dernière fois qu'il mourut il devint dieu - à ce qu'ils disent - et ils le tiennent pour le plus grand dieu ...

C'est ainsi que les Récits de mes voyages voyagent.

dimanche, mai 03, 2009

Récits de voyage - - Cinq

(suite de "Quatre")

JEAN DE JOINVILLE (1224-1317), Vie de Saint Louis (1305-1309)

(Google a mis ce livre en ligne.)

Joinville est un noble champenois qui participe à la septième croisade conduite par le roi Louis IX entre 1248 et 1254, au cours de laquelle il devient l'un des seigneurs les plus proches du roi.

Quand le roi de France part en croisade, les chrétiens sont encore à la tête de quelques États latins en Terre sainte dont le royaume de Jérusalem, mais celui-ci ne comprend plus la ville elle-même qui, après bien des vicissitudes, est de nouveau sous contrôle musulman. Fondée par Saladin, la dynastie des Ayyoubides reste la principale puissance du Proche-Orient, sous l'égide en particulier du sultan d'Égypte.

Partis en août 1248, les croisés hivernent à Chypre qu'ils quittent le vendredi 21 mai 1249 pour arriver en vue de Damiette, en Égypte, le samedi 4 juin. Après un débarquement le lendemain, les croisés prennent le contrôle de la ville, évacuée par les troupes du sultan. En février, la bataille de la Mansûra s'achève sur l'occupation du camp de l'ennemi; mais les sarrasins parviennent ensuite à en couper le ravitaillement: en avril 1250, Louis IX doit ordonner la retraite. Une grande partie de son armée, Joinville et le roi lui-même sont faits prisonniers. Ils sont libérés début mai, au prix de la restitution de Damiette et du paiement d'une forte rançon - les négociations s'étant poursuivies après le coup d'État de la garde mamelouke du sultan.

Après sa libération, Louis IX resta encore quatre ans en Terre sainte sans jamais repasser à l'offensive: les échanges diplomatiques avec les Mongols ou le Vieux de la Montagne ne débouchant finalement sur aucune alliance, le roi renonce à reconquérir Jérusalem pour se consacrer à des travaux de fortification dans certaines villes encore contrôlées par les chrétiens, telles que Césarée ou Jaffa, d'où il se rembarque vers la France le 24 avril 1254, jour de son anniversaire.

En 1270, Joinville refuse de suivre Louis IX dans une nouvelle croisade qui s'achève la même année avec la mort du roi devant Tunis. Par la suite, il est l'un des témoins interrogés dans le cadre de l'enquête qui aboutit en 1297 à la canonisation du roi, depuis lors communément nommé Saint Louis. Les souvenirs de Joinville sont une nouvelle fois sollicités quand Jeanne de Navarre, reine de France, épouse de Philippe IV le Bel et petite-nièce de Saint Louis, lui demande de les fixer par écrit: le sénéchal de Champagne achève en 1309, soixante et un ans après son voyage en Terre sainte, son Livre des saintes paroles et bons faits de notre saint roi Louis, plus communément intitulé Vie de Saint Louis. Une large part de l'œuvre est consacrée à la croisade. La Vie de Saint Louis rejoint ainsi les principales formes médiévales de la relation de voyage, le récit de croisade et de pèlerinage.

Dialogue entre un chrétien et un musulman

Jean l'Ermin, qui était artilleur du roi, alla alors à Damas pour acheter des cornes et de la glu pour faire des arbalètes. Et il vit un vieil homme très âgé, assis sur les étals de Damas. Ce vieil homme l'appela et lui demanda s'il était chrétien, et il dit: «Oui ».(1) Et l'autre lui dit: « Vous devez beaucoup vous haïr entre vous chrétiens l, car j'ai vu la fois où le roi Baudoin de Jérusalem, qui était lépreux(2), battit Saladin(3), et il n'avait que trois cents hommes d'armes, et Saladin trois milliers. Maintenant vous êtes réduits à un tel état, à cause de vos péchés, que nous vous prenons par les champs comme des bêtes.)} Alors Jean l'Ermin lui dit qu'il devait bien se taire à propos des péchés des chrétiens, à cause des péchés que commettaient les sarrasins, qui sont beaucoup plus grands; et le sarrasin répondit qu'il avait répondu follement. [ ... ] «Maintenant je te donne ma réponse, dit le sarrasin, en telle manière: chez vous, chrétiens, vous êtes fils de Dieu, et de son nom de Christ vous êtes appelés chrétiens; et il vous fait telle grâce qu'il vous a donné des maîtres qui vous permettent de connaître quand vous faites le bien et quand vous faites le mail. C'est pourquoi Dieu vous sait plus mauvais gré d'un petit péché, quand vous le commettez, qu'à nous d'un grand, qui n'en connaissons point et qui sommes aveugles au point de nous croire quittes de tous nos péchés si nous pouvons nous laver dans l'eau avant de mourir, parce que Mahomet nous dit qu'à la mort nous serions sauvés par l'eau.»

- - - -

1. Les divisions internes, en particulier les querelles dynastiques, agitant les Etats francs de Terre sainte contribuèrent, en effet, à la perte de Jérusalem (conquise en 1099, lors de la première croisade) à l'époque de Saladin, puis à nouveau en 1244.

2. Le roi Baudoin IV, roi de Jérusalem de 1173 à 1185, était effectivement atteint de la lèpre.

3. Référence à la bataille de Montgisard, en 1177.

jeudi, avril 30, 2009

Récits de voyage - - - Quatre

Fait suite à l'introduction...

L'arpenteur de l'oikoumenê (0) HÉRODOTE (484-425 av. J.-c.),

L'Enquête

Hérodote, né vers 480 av. J.-C à Halicarnasse (colonie grecque d'Asie Mineure, aujourd'hui Bodrum en Turquie) et mort à Thourioi vers 425 av. J.-C (colonie grecque en Italie), est l'auteur d'une œuvre monumentale à laquelle la tradition donna pour titre le terme Historiè, figurant dans l'incipit et longtemps traduit par « Histoires» en français. « Père de l'Histoire », selon la formule de Cicéron (106-43 av. J.-C), Hérodote fait le récit des guerres médiques qui, entre 490 et 479 av. J.-C, opposèrent Grecs et Perses.

Mais à la suite d'Hécatée de Milet, auteur au Vie siècle d'une Périégèse ( Tour de la Terre ), il est aussi l'un des pères de la géographie et de l'ethnographie. En effet, dans les quatre premiers livres de l'œuvre, l'histoire de l'expansion de l'Empire perse est l'occasion d'une description des régions soumises par les Perses (l'Égypte, par exemple) ou de celles qui leur échappent (comme la Scythie). Au projet historiographique s'ajoute le dessein de délimiter jusqu'à ses confins l'oikoumenê, l'ensemble du monde habité, et de décrire les mœurs des hommes qui le peuplent.

Or, Hérodote tire une grande part de son information d'immenses voyages qu'il fit lui-même (voir carte de ce temps...)

(...) on naviguera pendant douze jours et l'on atteindra une ville importante qui s'appelle Méroé. C'est, dit-on, la capitale des autres Éthiopiens. [ ... ]

Au-delà de cette ville, il faudra, pour arriver chez les Transfuges (1), le même temps de navigation que pour venir d'Éléphantine à la capitale des Éthiopiens. [ ... ]

Le Nil nous est donc connu sur quatre mois de navigation ou de marche (outre la partie de son cours qui se trouve en Égypte): c'est le temps qu'il faut au total pour aller d'Éléphantine chez ces Transfuges. Le fleuve vient de l'ouest et du couchant. Au-delà, personne ne peut rien affirmer, car les chaleurs torrides font de ce pays un désert.

Cependant, voici ce que m'ont dit quelques Cyrénéens (2): ils étaient allés consulter l'oracle d'Ammon (3) et, au cours d'un entretien avec le roi .des Ammoniens, Étéarque, entre autres propos l'on en vint à dire, en parlant du Nil, que personne n'en connaissait les sources. Étéarque dit alors qu'il avait un jour reçu des Nasamons (ce sont des Libyens qui habitent la Syrte (4) et un peu du pays à l'est de la Syrte). En les recevant il leur avait demandé s'ils pouvaient lui fournir quelques renseignements nouveaux sur les déserts de la Libye; ils répondirent qu'il y avait eu, dans quelques grandes familles de leur pays, des jeunes gens téméraires qui, arrivés à l'âge d'homme, entre autres projets extravagants, avaient décidé de tirer au sort cinq d'entre eux qui s'en iraient explorer les déserts de la Libye et tenteraient d'en voir plus que les voyageurs qui étaient allés le plus loin. - Les côtes septentrionales (5) de la Libye, de l'Égypte au cap Soloéis (6) où elle se termine, sont entièrement peuplées de Libyens et de nombreuses tribus de la même race, à l'exception des possessions grecques et phéniciennes (7). L'intérieur du pays, au-delà des régions côtières habitées, appartient aux bêtes sauvages; plus loin, il n'y a plus que sable, sécheresse terrible et désert total. Donc les jeunes gens envoyés par leurs camarades, bien pourvus d'eau et de vivres, traversèrent d'abord les terres habitées; après quoi, ils parvinrent au domaine des bêtes sauvages et, de là, entrèrent dans le désert, en marchant toujours vers le vent d'ouest. Après bien des jours de marche à travers de vastes étendues de sable, ils virent une plaine où poussaient des arbres dont ils allèrent aussitôt cueillir les fruits: à ce moment survinrent de petits hommes, d'une taille en dessous de la moyenne, qui s'emparèrent d'eux et les emmenèrent. Les Nasamons ne comprenaient pas leur langue et eux ne comprenaient pas celle des Nasamons. On leur fit traverser de vastes marécages, après lesquels ils trouvèrent une ville où tout le monde avait la même taille que leurs ravisseurs,. et la peau noire. Près de cette ville passait un grand fleuve qui coulait d'ouest en est et dans lequel on voyait des crocodiles.

Je n'en dirai pas davantage sur ce récit de l'Ammonien Étéarque, sauf toutefois ceci: il disait, selon les Cyrénéens, que les Nasamons (*) étaient rentrés dans leur patrie, et que les gens du pays qu'ils avaient vus étaient tous sorciers.


Ooo - - -

RENVOIS. 0-L'arpenteur a pour fonction de mesurer les terres; oikoumenê est un terme grec qui désigne l'ensemble des terres habitées.1-Les Tr:~msfuges sont, selon Hérodote, des déserteurs égyptiens réfugiés en Ethiopie. 2- Habitants de Cyrène, colonie grecque installée dans l'actuelle Libye. 3-Ammon (forme grecque d'Amon) est l'une des principales diviinités du panthéon égyptien. 4-Ville de l'actuelle Libye. 5-Situées au nord. 6-Ancien nom du cap Cantin, sur la côte ouest du Maroc. 7-La Phénicie antique correspond à peu près au Liban actuel.

(*) du présent rapporteur: Nasamons. Peuplade de Libye qui occupait les rivages de la Grande Syrte selon Hérodote. Ils pratiquaient la polygamie et se nourrissaient de lait, de dattes et de sauterelles. Les formalités de l'amour étaient chez eux réduites à la plus simple expression : quand un Nasamon désirait une femme il lui suffisait de planter son bâton devant elle. (sic)


À suivre.

mercredi, avril 22, 2009

Récits de voyage -- Trois

De tout temps, l'homme voyage. Il change de lieu; c'est un trait atavique de son aventureuse nature 'cosmologique'. Jacques Attali va jusqu'à soutenir que le nomadisme est une caractéristique de l'homme moderne! (L'homme nomade ) (Maintenant en livre de poche)

Le voyage est une activité tellement sérieuse, il m'apparait, que de raconter du vu, du entendu, du méconnu me semble difficile. Narrer une errance organisée serait-il un genre littéraire au même titre que la correspondance, la description, l'analyse, l'essai...?

Le prétexte à m'en instruire, fourni par mes derniers déplacements, justifiait la présence d'un tout petit livre empilé sur mon linge de corps de ma dernière valise. J'apportais un passeport pour les moments d'ennuyance. J'ai lu avec intérêt, des textes anciens, produits par des plus antédiluviens voyageurs. Notre culture littéraire ne remonte-elle pas aux premiers écrits, à cette division pré-histoire et histoire?

Alors, plutôt de vous dire le Pérou, je préfère vous glisser la manière de traiter de voyage par Hérodote, de Joinville et de Polo, m'en tenant à ces trois bourlingueurs. Je vous reproduirai un extrait des rêves qui m'ont sorti des chroniques de nos agents de voyage!

Voici ce livre et son contenu.

Les récits de voyage

Anthologie + dossier par Virginie Belgazou + Lecture d'images par Alain Jaubert

Les récits de voyage >> p. 5

Hérodote, L'Enquête >> p. 7

Jean de Joinville, Vie de Saint Louis >> p. 3 1

Marco Polo, La Description du monde >> p. 50

Ibn Battûta, Voyages et périples >> p. 76

Christophe Colomb, La Découverte de l'Amé-rique >> p. 97

Hernan Cortés, La Conquête du Mexique >> p. 121

Jean de Léry, Histoire d'un voyage en la terre du Brésile >> p. 141

Cartes >> p. 171

Dossier Du tableau au texte

Analyse d'Intérieur du port de Marseille de Joseph Vernet (1754) >> p. 179

Le texte en perspective

Vie littéraire: « Étonnants voyageurs! Dites, qu'avez-vous vu?» >> p. 199

L'écrivain à sa table de travail: Le voyageur en son temps: petite histoire des merveilles >> p. 215

Groupement de textes thématique: Voyages imaginaires sur la Lune >> p. 226

Groupement de textes stylistique: Décrire l'ailleurs >> p. 242

Chronologie: L'homme à la découverte du monde >> p. 252

Éléments pour une fiche de lecture >> p. 263


À suivre.


jeudi, avril 09, 2009

10 000 ans Av. JC

La côte nord du Pérou a de quoi saisir mon intérêt pour les origines des comportements le l'espèce humaine. Sur ce territoire, de très importantes découvertes archéologiques ont ete réalisées depuis seulement 1985... Les dunes de sable, formant des montagnes, ensevelissant des villes anciennes, très anciennes, ont été protégées des conquistadors destructeurs, d'une église évangélisatrice...

Le voyageur qui a vu le Pérou, il y a 30 ans, doit revenir pour poursuivre sa visite.

Pour quelques jours, sur la côte nord, je poursuis... des civilisations pré-inca. Dire que les Espagnols ont apporté la roue, le cheval, la clé de voute, le bouton, le fer! Toutefois, on savait tuer pour des dieux...

Et les jours saints? A plus de 90%, les Péruviens sont cathos. Beaucoup de croix sanguinolantes sont préparées pour la procession du jour, dans toutes les villes et villages.

Je terminerai bientôt mon voyagement près du club de pêche de Don Esnesto (Ernest Hemingway), le sélect Club Capo Blanco, maintenant devenu un hébergement de luxe. Les Péruviens affirment que c'est à cet endroit que l'inspiration du Vieil Homme et la Mer serait née dans l'esprit du romancier. On sait qu'il l'a écrit... à sa résidence de Cuba.

A bons bons souvenirs, Spencer Tracy dans Santiago en 1958; Antony Quinn, 1990; Alexander Petrov en 1999... avec un Jutra!

Hasta luego!

jeudi, mars 05, 2009

DESIDERATA

D'un vieux livre qui aurait été 'trouvé ' à Vieux St. L'Église de Paul à Baltimore et dater à 1692 en arrière. Il a été écrit dans les tôt 1920 par Max Ehrmann réellement (1872-1945), un avocat de Terre Haute, Indiana. Comme la plupart des écrits d'Ehrmann, "les Desiderata" ont manqué d'attirer beaucoup d'attention pendant sa vie; trois années après sa mort, sa veuve l'avait et quelques-uns de ses autres travaux publiés comme "Les Poèmes de Max Ehrmann" (p.165).

Va paisiblement ton chemin à travers le bruit et la hâte, et souviens toi que le silence est paix.
Autant que faire se peut et sans courber la tête, sois ami avec tes semblables.
Exprime ta vérité calmement et clairement.
Écoute les autres, même les plus ennuyeux ou les plus ignorants; eux aussi ont quelque chose à dire.
Fuis l'homme à la voix haute et autoritaire; il pèche contre l'esprit.
Ne te compare pas aux autres par crainte de devenir vain ou amer, car toujours, tu trouveras meilleur ou pire que toi.
Jouis de tes succès mais aussi de tes plans.
Aime ton travail aussi humble soit-il, car c'est un bien réel dans un monde incertain.
Sois
sage en affaires, car le monde est trompeur.
Mais n'ignore pas non plus que vertu il y a, que beaucoup d'hommes poursuivent un idéal et que l'héroïsme n'est pas chose si rare.
Sois toi-même et, surtout, ne feins pas l'amitié.
N'aborde pas non plus l'amour avec cynisme, car, malgré les vicissitudes et les désenchantements,il est aussi vivace que l'herbe que tu foules.
Inclines-toi devant l'inévitable passage des ans, laissant sans regret la jeunesse et ses plaisirs.
Sache que, pour être fort, tu dois te préparer, mais ne succombe pas aux craintes chimériques qu'engendrent souvent fatigue et solitude.
Par-delà une sage discipline, sois bon avec toi-même.
Tu est bien fils de l'univers, tout comme les arbres et les étoiles. Tu y as ta place.
Quoique tu en penses, il est clair que l'univers continue sa marche comme il se doit.
Sois donc en paix avec Dieu, quel qu'il puisse être pour toi.
Et, quelles que soient ta tâche et tes aspirations, dans le bruit et la confusion de la vie, garde ton âme en paix.
Malgré les vilenies, les labeurs, les rêves déçus, la vie a encore sa beauté.
Sois prudent. Essaie d'être heureux !