jeudi, janvier 15, 2009

Recommandation de lecture

Si j'exclus le quotidien La Presse et l'écran Internet, les quatre cinquième de ce que je lis, que je bouquine, c'est « sous recommandation » . Lire ne se résume-t-il pas à accepter une invitation, à écouter les autres, à profiter de leurs pensées, à partager des plaisirs synaptiques? Un canal d'info important de ce qui m'accapare, vient de l'expérience de la lectrice boulimique qu'est ma compagne.

Souvent, ses « tu devrais lire ça » ou « assis-toi que je te lise cette petite page », encore « je suis certaine que tu aimerais; écoute un peu... ». Je bois, j'ingère, j'absorbe, souvent je déguste. L'appétit venant en l'écoutant, c'est ainsi qu'il y a quelques années, j'ai été initié à Agota Kristof. J'avais apporté dans un camp de pêche « Le Grand Cahier ». Mordant, ce texte. Rapidement, on a la touche. On le tient; on ne lâche pas la tension, tranquillement mais sûrement, le sujet nous embarque. On se sent pris; on est bien pris sans être épuisé. Et c'est déjà fini.

On met le petit livre de côté. On le laisse traîner de manière à le voir de temps à autre. Je ne range pas les livres que j'ai aimés. Leur présence s'apparente aux cartes de souhaits que l'on reçoit et qui sont mises en évidence jusqu'à ce que le temps fasse le ménage. Il en va ainsi; c'est aussi, bien.

Je l'entends encore « Comment? Tu sais pas c'est quoi? Tu n'as jamais lu « L'enfant et la rivière »? » --Non, de lui répondre. À l'âge pour cette littérature, Marie-Albert me conseillait de saints textes et par la suite le Petit Rémi, princier à ses heures, m'a mis sur « Courrier du sud », « Bob Moran/Bill Ballantime & l'Ombre jaune » et en grosses parenthèses dans mes souvenirs, « Réussir » de Michel Quoist. Je lis « sous recommandation » vous disais-je.

Laissez-moi radoter deux souvenirs encore. Par images cette fois.

Vous me verrez 'enfant', à la quasi naissance de la rivière des Outaouais, sur le réservoir Cabonga, dans la réserve faunique de LaVérendrye, chez Alexandre et Frédéric. J'ai comblé une carence de culture juvénile en moins de deux. Même, j' ai repris la lecture de ce livre tellement il gouttait bon l'eau d'aventure...

Mes jeunes années (...)

Chantent les souvenirs,

Chantent ma tendre enfance,

Chantent tous les beaux jours

A jamais finis

(...)

Loin des sources vagabondes

Loin des fraîches chansons des eaux

Loin des cascades qui grondent

Je songe et c'est là ma chanson

Au temps béni des premières saisons

Je continue ma rabâche. - - Ce n'est pas d'hier qu'elle me conseille des lectures. Les pissenlits d'un bord de fleuve de Repentigny du printemps 1971 pourraient vous le confirmer. Nous nous connaissions peu, mais suffisamment pour qu'elle m'offre ce premier cadeau surprise...

Bon appât accompagné, présenté avec trois hameçons joliment décorées. (Clic! sur les trois mouches!) Inutile de vous dire que depuis, ferré à sa culture, je lis souvent encore sous ses recommandations.

Oui, « Le Grand Cahier » me fut une très heureuse suggestion. L'occasion de vous en parler est là. « Le Grand Cahier », mis « en pièce » (singulier oblige), soir de première, ce 13 janvier au théâtre Prospéro. (Pour écouter une entrevue, un clic! sur une flèche dans cette page.) L'occasion de vous recommander Agota Kristof coule d'une source vagabonde.

Une manifestation culturelle n'est jamais sans impact. Voyez.

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