vendredi, septembre 21, 2007

L'oeuvre du temps sur les dieux.


Les idées conjuguées à la capacité de produire un mémoire bardé de courage mérite certainement qu'on réponde un tant soit peu à la demande de collaboration de Florian. J'avoue timidement glisser à côté pour des raisons très quotidiennes me mangeant l'énergie de penser, de pondre. L'action éloigne la réflexion disait le prédicateur.

Toutefois, je lis quelques fois; un remède nécessaire. Alors, je peux suggérer les idées des autres et des meilleures que venant de mon ignorant point de vue.

Cette image vous apportera mille mots. Une dame Forget réplique à une dame Touzin...

Dans un deuxième « effort », je suggère un numéro de la revue « Éthique publique » Printemps 2007 Vol. 9, n° 1 200 pages. Le long titre de ce numéro est « L'aménagement de la diversité culturelle et religieuse -- débat des accommodements raisonnables » Les responsables de cette édition sont Yves Boisvert (le journaliste de La Presse) Jocelyn Maclure et Patrick Savidan.

Daniel Baril a fait parler ces temps-ci. En page 174, son article « référence » « Les accommodements religieux pavent la voie à l'intégrisme. » est un must! Mon député bloquiste et curé a tenté d'en rire mais n'ébranle nullement ce philosophe anthropologue. L'image précédente mentionne la réflexion de D. Baril. La Presse en a extrait des passages. Ne serait-ce que de lire ses définitions de droit, de liberté et de leur pratique, vaut l'achat de ce contenant d'idées. 20$ à votre librairie... sur commande!

Encore, dans le Devoir. Le Devoir de philo: Darwin et l'immortalité de (l'idée de) Dieu.

Encore et encore, « Musulmans du Québec » vous intéresse?

Bons moments monothéistes.

Suggestions d'un monolithe.

mardi, septembre 18, 2007

Le VOILE qui vole au vent!...

Il est de ce temps-ci beaucoup question de voiles. Ces voiles risquent d'être déchirés et de ne plus pouvoir prendre la mer du temps.
Mme Émily Joly-Couture anthropologue publie dans Le Devoir un excellent article qui apporte une nouvelle et intéressante dimension au débat.

Cliquez sur VOILE et vous dévoilerez-tout.
Florian

dimanche, septembre 16, 2007

Accommodements raisonnables

Projet de mémoire à présenter à la commission Bouchard Taylor
St-Jérôme 24 sept 2007

Préambule
Le présent mémoire n’est que le sommaire de mes réflexions suite aux différents événements qui ont abouti à la création de votre commission.
Ces réflexions ne s’appuient sur aucune étude de dossier ni sur aucune expérience concrète des rouages de l’immigration ou de quelque ministère que ce soit. Même si je lis parfois Le Devoir et que je regarde surtout Radio-Canada je me considère comme un Monsieur Tout-le-monde qui sans compétence particulière réagit avec ses tripes aux événements de notre société.
Je crois comprendre que votre mandat portait principalement sur « les accommodements raisonnables » dans leur dimension juridique et que vous avez élargi votre champ de consultation à tout ce qui touche l’identité québécoise.
Je m’en réjouis car je crois que nos relations difficiles avec certains groupes d’immigrants proviennent d’une conscience et d’une affirmation ambiguës de notre identité collective.
C’est ce que je m’emploierai à expliciter dans le présent mémoire. Je le ferai le plus brièvement possible en quatre paragraphes :
1- Sommes-nous des xénophobes à redresser?
2- D’où vient le problème
3- Une nouvelle identité québécoise en train de naître
4- Quelques pistes gagnantes à proposer à la société québécoise et à ses gouvernants.


1-Sommes-nous xénophobes?

Pourquoi comme tout à coup avons-nous un problème avec les immigrants?
Nous avons digéré les Irlandais et leurs patates (spud) et leur avons même donné une place, la rue Ste Catherine, le 17 mars de chaque année. Ils nous ont donné des hommes politiques connus : Ryan, Johnson et Mulroney…

Les Italiens nous ont donné la pizza et aussi quelques politiciens, nous leur avons donné la Place de l’Italie, St-Léonard, des temps d’antenne et que sais-je?

Les Polonais sont aussi venus. Ils ont fait nos jobs les plus difficiles Que sont-ils devenus? Des Québécois pour la plupart, je crois..

Les Vietnamiens sont arrivés en boat people. Ils ont été accueillis à bras ouverts partout à travers la Province. Ils sont membres de nos familles. Avec les Coréens ils tiennent nos dépanneurs.

Les Haìtiens sont en train d’occuper Montréal-Nord. ils nous ont donné Dany Laperrière et le boxeur…? Ils sont de plus en plus visibles dans nos institutions d’enseignement et de santé.

Malgré ce qu’on ait pu dire et colporter, les Québécois ne sont pas xénophobes.
Une visite chez nos voisins (américains et canadiens-anglais) nous fait savoir ce qu’est la xénophobie et confirme notre affirmation : nous ne sommes pas xénophobes.

2- Le problème :

Comment alors expliquer nos réactions devant la venue massive et récente de groupes venus du Moyen-Orient majoritairement musulmans?
Trois constats principaux illustrent en partie le problème posé par les accommodements raisonnables.

Premier constat : Notre « nous » (qui n’est pas propriété privée de Madame Marois), se sent menacé par une certaine catégorie d’immigrants qui affichent des traits et des comportements religieux intégristes.

Deuxième constat :
La collectivité québécoise se sent piégée par les atermoiements ou les prises de position ambiguës de ses gouvernants devant les requêtes ou les attitudes dissidentes de certains groupes religieux. Ils semblent vouloir taire les chicanes à bord plutôt que de mettre en place les mécanismes de règlement appropriés.
Ils appliquent leurs normes plutôt que de nous écouter.

Troisième constat : Le droit au libre exercice de sa religion est mal compris dans ses applications qui entrent en conflit avec un état laïc ou avec des valeurs communément acceptées par la majorité des citoyens.

Pourquoi, comme tout à coup, connaissons-nous ces difficultés avec certains groupes d’immigrants? Pourquoi Hérouxville fabrique-t-il une panoplie de boucliers, pourquoi se vendent-ils si bien au Québec des régions?
Parce que nous nous sentons menacés par ces groupes, nous avons peur. Au lieu de nous poser la question « de quoi avons-nous peur » posons-nous la question « pourquoi avons-nous peur? »

Et ma réponse :
Nous avons peur de l’étranger parce que récemment comme un adolescent qui prend majorité, nous avons endossé une nouvelle identité québécoise dans laquelle nous ne sommes encore à l’aise. Pourquoi avons-nous peur des musulmans en particulier? C’est ce qu’on comprendra mieux lorsque nous aurons psychanalysé les traits de notre nouvelle identité.

3- Notre nouvelle identité

Nous étions des canadiens-français catholiques nous sommes devenus des québécois laîcs.
Canadiens-français catholiques notre identité s’affirmait principalement devant les Anglo-protestants et les Canadiens-anglais dans la défense de nos droits et de notre culture.

3a – De Canadiens-français à Québécois

Par la révolution tranquille et grâce à René Lévesque qui en a été la principale cheville, nous avons pris la conscience de notre lieu au Québec, nous l’avons occupé comme propriétaire, développé, protégé et nous en sommes fiers. Le NOUS québécois ne tient plus principalement à notre langue française mais à notre lieu, le Québec,
Cette métamorphose fait que nous avons changé de cible. Notre identité ne se manifeste plus et ne se réalise plus principalement dans la lutte pour la protection de nos droits et de notre langue dans un univers restreint et hostile. Elle se manifeste et se réalise dans la conquête d’un univers élargi par la mondialisation. La langue devient un outil de notre culture, l’expression aimée de notre génie. De fait nous sommes partis à la conquête multidimensionnelle du monde. Il y a eu Terre des hommes pour la notoriété, la Manic pour l’énergie, Bombardier pour l’industrie, Gilles Vigneault pour notre poésie, Gilles Carle et Denis Arcand pour le cinéma. Lise Payette et ses Yvette pour le droit de cité à nos femmes. Et que sais-je…. Il y a aussi toutes les missions économiques et les expertises qui essaiment les Québécois à travers le grand monde et que dire des touristes qui ont débordé de beaucoup la Floride.
Les voyages forment la jeunesse. Nous revenons chez nous plus fiers d’être québécois et plus forts aussi.
C’est quand le monde conquis revient chez nous que nous prenons peur. Nous voulons bien voir le monde et tout le monde mais nous ne voulons absolument pas devenir tout-le-monde. Première raison de notre peur, une trouille profonde d’être dilapidé de ce que nous avons de plus cher, de ce que nous avons récemment conquis.

La peur de l’avenir est aussi connexe à la peur du grand monde à laquelle nous sommes aussi confrontés. Notre titre de canadiens-français et l’identité qu’il habillait nous donnait des racines, nous inscrivait dans le passé. C’est beaucoup notre patrimoine qu’on était appelé à protéger. Québécois nous ouvre vers l’avenir, un avenir incertain pour lequel nous n’avons que peu de balises. Nos rêves et nos acquis les plus chers risquent-ils d’être broyés, déchiquetés, démembrés par la menace d’un back-slash inquiétant que représente la venue de certains groupes arabes chez nous?

La peur peut expliquer nos comportements ou nos attitudes d’allure xénophobe mais peut-être aussi notre fierté récente, qui n’aime pas du tout être bafouée, apporte-t-elle un complément d’explication de nos sentiments de rejet de certains groupes d’immigrants.

3b- De canadiens-français catholique à québécois laïcs

Depuis 1760 l’Église été le principal pôle de ralliement des canadiens-français, Deux cents ans plus tard, l960 marque un changement d’allégeance au Québec. Il y a à l’intérieur de l’Église l’accentuation d’un fort processus de sécularisation et au Québec la décléricalisation des institutions publiques et leur laïcisation. En même temps beaucoup de québécois se sont affirmés laïcs, non croyants et non pratiquants. Le Québec s’est vidé de ses communautés religieuses et les églises inoccupées sont détruites ou deviennent des bibliothèques publiques ou des centres culturels communautaires,
Cette nouvelle identité laïque, même si elle est un peu trouble, nous en sommes fiers. Ce ne sont pas tellement les autres religions qui nous font peur. Le bouddhisme est entré chez nous avec toutes sortes de bénédictions. Il en est relativement de même pour quelques-unes des nouvelles religions. Ce qui nous indispose et nous menace c’est tout ce qui dans les religions revêt un caractère intégriste et imposé.
Notre nouvelle identité de québécois laïcs situe la liberté de choix des croyances, des pratiques religieuses et de la morale au sommet de ses valeurs. On ne voudrait pas que les immigrants soient chez nous des promoteurs d’intégrisme. Nos québécoises sont trop fières des libérations acquises pour risquer de les perdre ou de se les voir contestées au quotidien par des sollicitations aux couleurs du passé.

Vivre au passé ne nous intéresse pas. Nous n’en sommes pas à « regretter les oignons d’Égypte ». Nous avons plus que « notre petit pain » à manger. Le respect des croyances, des coutumes et de la culture de chacun est une valeur fondamentale de notre identité de québécois laïcs.

Nous attendons de ceux qui viennent chez nous le même respect de notre identité de québécois laïcs. Notre laïcité est jeune. Elle n’est pas militante.
Et c’est justement pour éviter le militantisme religieux que nous nous efforçons d’enlever de nos places publiques toute pratique et tout affichage religieux qui pourrait être ou paraître irritant ou agressant pour d’autres options religieuses.
« Pour mieux vous accueillir, pense-t-on tout bas et parfois tout-haut, nous avons fait place nette. SVP n’encombrez pas la place de vos choses, nous ne pourrons plus danser. »


4 - Mesures à prendre pour des accommodements plus que raisonnables
Ces mesures touchent notre identité, les balises à la liberté de religion, les compétences en accommodements raisonnables.

Quant à notre identité.
Renforcer notre identité
Il faut la renforcer par un investissement important dans la culture québécoise nouvelle version.
Il faut donner des conditions gagnantes à tout ce qui germe en terre québécoise. Il faut encourager ce qui pousse et promouvoir et faire connaître ce qui fleurit. C’est un programme et une priorité qui doivent figurer à toutes les instances collectives du Québec y compris les partis politiques. Au Québec on ne parle plus de canadiens-français mais de québécois. Ce langage qui définit notre identité on doit le formaliser et l’exiger de tous nos porte-parole et à l’étranger et à Ottawa. Speak white!

Solidariser le Québec
Le Québec et les Québécois sont les fondements de notre identité. La diversité est un trait fondamental de notre nouvelle identité : diversité du Québec définie par ses régions et ses centres urbains; diversité des Québécois définie par les origines. Cette diversité est une richesse. Il ne s’agit pas de fusionner les différences de les faire disparaître, il faut les unifier. À l’ère de la mondialisation, il faut donner au monde l’exemple d’une possible communauté mondiale. Solidariser les différences. Mettre sur pied des programmes, développer des mesures de solidarisation. Telle est notre tâche immédiate. Avant et à la base des accommodements raisonnables il faut développer des accommodements d’accueil et de respect mutuel. Les Québécois de souche, les autochtones, les Québécois anglophones, les immigrants de la première ou de la dernière génération d’où qu’ils proviennent, doivent bâtir leur nid au Québec avec des matériaux du XXIe siècle. Chacun doit s’y sentir confortable et chez soi. Cette communauté mondiale risque de devenir une Babel. La langue, la langue française est un outil important et nécessaire de cette unification.

Cette langue ne doit pas être et considérée comme un lit de Procuste, le privilège d.’une majorité qui l’impose aux autres. C’est la langue française qui peut seule présentement unifier le Québec, véhiculer son unité et sa force. Pas l’anglaise, ni aucune autre langue courante au Québec ni le multilinguisme. Il se peut que dans l’avenir le Québec devienne à dominance anglophone ou hispanophone. So what! L’important c’est que le Québec devienne une terre d’accueil multiethnique. Et qu’il fasse bon y vivre, quelle que soit la couleur de sa peau, la nationalité de ses ancêtres, la dominante de ses croyances.
À se barricader on se combat, à se fréquenter on se comprend.
2- Des balises à la liberté de religion

Une communauté qui se sent piégée utilisera tous les moyens du bord pour se faire respecter. La liberté de religion, inscrite à la charte des droits de la personne, est souvent utilisée par les intégristes de toute origine comme un levier de subversion ou un instrument de domination politique.
Il faut enrayer à la base toute initiative de recours facile à la clause de la liiberté de religion en définissant mieux ce que signifie cette clause et quelles sont ses conditions d’application en terre québécoise.

Il faut inscrire ces spécifications dans les conditions d’accueil des nouveaux immigrants au Québec.
Il faut les faire connaître aux représentants des différentes communautés ethniques reconnues au Québec. Le droit d’association de ces communautés pourrait être accordé avec l’acceptation de ces conditions de base.
On pourrait créer un conseil formé des représentants des différentes communautés ethniques qui serait appelé à juger les cas de dérogation à une loi ou à un règlement pour cause de liberté de religion et à se prononcer sur la recevabilité de tels recours.

Peut-être serait-il approprié de signer avec les représentants de ces communautés une « paix des braves » où les règles du jeu seraient communément reconnues et acceptées et où les accommodements jugés raisonnables seraient source de paix et non de discorde.

Dans le Québec laïc le respect des croyances religieuses de chacun est trop grand pour qu’on accepte qu’elles soient profanées par qui que ce soit aux intentions malveillantes et subversives.

3- Des champs de compétence reconnus

Il m’apparaît abusif qu’un directeur d’école ne puisse pas de sa propre autorité établir un règlement vestimentaire pour son école et juger des accommodements raisonnables à consentir même s’ils touchent une question de religion.
Pour être appropriés les accommodements doivent être assortis aux conditions de lieu, de temps et d’application. On ne fait pas d’accommodements raisonnables pour tout le Québec et pour tout le temps.

C’est dire l’importance des autorités locales dans le jugement et l’application des accommodements consentis par une communauté ou par un groupe à quelques-uns de ses ressortissants.

Le Québec laïc, respectueux des diversités n’impose pas l’uniformité des droits et des comportements mais souhaite à tous les paliers créer des réseaux de
communication et de respect des différences qui font sa richesse. Cette tâche n’est pas l’apanage des grands chefs de la nation. Les moyens et les petits chefs y trouvent leur rôle et même les « simples soldats » .

Comme le vocabulaire véhicule les valeurs, au lieu de parler d’accommodements raisonnables pourquoi ne pas parler d’accommodements d’accueil et de respect mutuel.


Florian Jutras
Terrebonne

D'actualités

Intérêts...
Un, Deux, Trois, Quatre, Cinq.

Le "trois" vient de Dany Laferrière, LaPresse, 8/9/07


samedi, septembre 15, 2007

Une banque...



d'accommodements.

Dreling! Dreling!

Faites le UN pour...

Faites le DEUX pour...

Faites ce CLIQUE pour rire un bon coup!

Via le courriel

Salut! Lecteur(s?)

Via le courriel, un lecteur me rejoint avec
ce mot: "Pour ajouter à tes arrangements raisonnables.";
cette photo.

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It' raining cats and dogs!
http://www.youtube.com/watch?v=aYKue7YIAhU

mardi, septembre 11, 2007

La commission B&T

Le "Labyrinthe" Bouchard-Taylor entendra, verra de tout. Hier, à RDI, j'en ai écouté assez pour me mettre en rogne... On se dirige vers un cul-de-sac par inculture à 4 roues motrices. On ne peut pas dire que le Boileau du « Ce qui se conçoit clairement s’énonce facilement et les mots pour le dire nous viennent aisément » avait beaucoup d'influence. Le niveau de langage du micro de la salle fait pitié. L'idée que l'on soupçonne n'est pas cernée. L'émotion chavire le discours. Illusoire de parler du bon enchaînement des idées! - - Langage qui vaut mille maux. Ce théâtre en succession portera les observateurs à juger de la qualité du discours plus que des accommodements. Il est facile de faire dévier, dans quelque "Dédale", un individu dont la pensée n'est pas formée. Les "décidés" s'emparent du micro, tel "Icare", se rapprochant du soleil de la renommée, plantant ainsi le clou à tous ces immigrés! L'illusion de faire oeuvre sociale...

La chute dans l'incompréhension?

L'ironie de mauvais goût?

lundi, septembre 10, 2007

Identité divine vs identité civile



Ce 25 août 1945, sur le parquet de la grande allée de la chapelle du Mont-Sacré-Cœur à Granby sont étendus, inertes, couverts de noir, quarante-cinq corps de jeunes hommes coupés dans la fleur de l'âge. J’en fais partie.Le prêtre, portant un surplis en dentelles sur sa soutane noire, de son goupillon nous asperge d’eau bénite exactement comme il le fait régulièrement sur les dépouilles mortelles de chrétiens en partance pour le Grand Voyage. Puis, à coups réguliers d’encensoir il répand au-dessus de nos momies muettes l’encens fumant qui, s'élevant, nous introduira dans la société des célestes.

Par la vertu de l’eau baptismale, de mortels nous renaîtrons immortels, enfants de la terre des ténèbres, nous deviendrons des fils de lumière, parias et désoeuvrés, errant sur la place publique, nous sommes embauchés, toute compétence reconnue, ouvriers du Seigneur, marqués au sceau de l’identité divine.

Identité divine
Pendant un an, on nous apprendra le langage, les pensées, les attitudes et les obligations inhérentes à cette nouvelle identité. Par notre vœu de pauvreté nous devrons renoncer à la possession personnelle des biens matériels pour n’en garder que l’usufruit, « l’unicum necessarium », par la chasteté, coupant les liens terrestres, nous prendrons famille céleste, le vœu d’obéissance nous engagera à travailler à l’édification sur terre de la Cité de Dieu.

Déjà nous portons les signes de cette nouvelle identité. Comme à des roturiers promus on a changé et le nom et le titre d’identification : On devra désormais nous appeler «Révérend Frère » et non plus « Monsieur ».

Quelques jours avant cette métamorphose, nos têtes sont passées chez un coiffeur improvisé qui nous a appliqué la caractéristique coupe « rasibus » des moines.

Notre habit noir dira à tous que nous sommes morts à ce monde.

Les quatre rangs du cordon de laine noire qui ceint nos reins, ce sont les vertus théologales, nos cartes de compétence d’ouvriers de la vigne, le scapulaire signifiera notre protection (assurance) céleste, et le petit capuchon, bien que réduit pour des considérations pratiques, version d’œillère sur la bride d’un cheval, en assume la fonction : nous voiler les distractions terrestres et indiquer notre intention de garder le cap sur l’infini. (Alors que sur la Mer des Mots il convient d’avoir les yeux ouverts tout azimut. Autres lieux, autres moeurs)
C’est un tribunal ecclésiastique qui répondra de nous.

Un supérieur prendra pour nous les engagements appropriés, en déterminera la rémunération, la percevra et en disposera au service de la cause de Dieu.

Cette nouvelle identité, sacrée, ne fait aucun doute chez nos proches et est reconnue sans problème par la société québécoise. Dès le lendemain de la cérémonie, au parloir, mes frères et sœurs, d’abord médusés de silence, manifestent pour mon accoutrement et mon statut, une attention et peut-être une envie que je n’avais jamais connue d’eux.
Cinq ans plus tard, lors de mes dix jours de visite réglementaires dans la famille, je me sentirai chez moi comme un étranger. J'y vois pour la première fois les trois derniers de la famille arrivés après mon départ.

Je ne parle plus le même langage (je parle de « voiture » alors qu’ils parlent de « char ») et le matin au lieu d’aller tirer les vaches je vais à la messe…
À l’occasion de cette visite on s’est même cotisé pour m’offrir une montre de poche en or. Les Frères ne pouvaient alors porter une montre-bracelet parce que c’était jugé trop mondain pour des « religieux ».
Je fis pendant ces dix jours le tour de la famille. On était fier de me montrer comme un Saint Sacrement. Je ne savais quelle conversation tenir devant ces « mononcles » et ces « matantes » qui m’avaient vu en couches et en culotte courte, ni devant les cousins et surtout les cousines de mon âge. Une ambiguïté qui me torpillait les élans. Les dix jours passés j’étais heureux de retrouver mon monde « divin ».

Au Québec du temps, bien que les Frères aient été en divin, d’une coche inférieurs aux prêtres, on avait pour nous beaucoup de considération, ce qui accentuait notre sentiment d’être à part. On était en demande, Et toute la société, c’est du moins l’impression que j’avais alors, nous portait aux nues. Sans nous connaître on nous faisait confiance et on nous supposait toutes les compétences,… comme à Dieu.

Bref, être religieux au Québec avant les années 70 c’était faire partie d’une autre société, qu’on ne pouvait assimiler à la société civile. On avait beau nous dire et nous répéter que nous étions des citoyens à part entière, dans les faits notre discours se devait d’être « religiously correct » et on soupçonnait nos votes pipés par le supérieur.

S’accommoder entre identités différentes

Notre société d’appartenance principale, sans être incompatible à la civile n’en était pas assimilable. Cette situation n’était pas propre au Québec. Dans toutes les religions du monde et dans tous les temps de l’histoire de l’humanité, la consécration religieuse crée des êtres à part. C’est une question de nature. Il faut s’en accommoder.

Ces accommodements à travers les âges et selon les différentes concentrations religieuses ont pris toutes les couleurs du prisme. Dans la religion chrétienne, le côte-à-côte de l’humain et du divin est encore plus exigeant que dans d’autres religions à cause de l’incarnation. Le chrétien en effet n’est pas invité à quitter cette terre, lieu temporaire de son passage, mais à y bâtir la Cité de Dieu.

Pour faire une histoire courte, les chefs de l’Église ont d’abord compris leur vocation en termes de pouvoir. Il fallait assurer la suprématie du pouvoir religieux sur le pouvoir civil. Le pape sacrait les rois. Cet accommodement de subordination a été accepté tant bien que mal, de part et d’autre, de Constantin (325) à Philippe Le Bel (+1314)

Puis on passa au régime des concordats où chaque reconnaissance de pouvoir réciproque faisait l’objet de laborieuses discordes.

Avec le XXe siècle les accommodements se transportent sur le terrain des droits. Les religieux (L’Église) ont droit à certains privilèges et à certaines fonctions. Droit de propriété avec exemption de taxes, droit de culte, droit d’association.

On leur confie aussi certaines responsabilités d’état comme la tenue des registres civils, les actes de naissance, de mariage et de décès, l’enseignement primaire, secondaire et même supérieur.,,,Ce fut au Québec pour les religieux et les religieuses une période faste. On nous accordait même, sans trop rechigner, certains privilèges réservés à notre rang : exemption de taxes, d’enrôlement dans l’armée, mutation « diplomatique » quand la soupe devenait trop chaude… Il y avait de part et d’autre une complaisance de bon aloi devant des disparités même un peu flagrantes. Je me souviens que mon titre de Rev, inscrit sur mon permis de conduire a quelques fois biffé une contravention au code de la route. On se souvient aussi du Père Aquin, le « Bon Dieu en taxi » arrêté en état d’ébriété.


Une nouvelle identité québécoise

En 60, avec la révolution tranquille, les accommodements raisonnables entre le civil et le religieux deviennent des concessions raisonnables du religieux au civil. Avec un détachement exemplaire peut-être attribuable à une baisse des énergies, l’Église et les communautés religieuses cèdent leurs privilèges et leurs institutions souvent prestigieuses à un état en volonté de prendre toutes ses responsabilités.On accepte que le religieux, sur le terrain de la cité terrestre soit un citoyen comme les autres, sans distinction ni privilège de droit. Signe de cette reconnaissance, les religieux et les religieuses adoptent le costume civil. Ils oeuvrent dans les institutions de l’État soumis comme tout employé aux exigences des postes qu’ils occupent, à la concurrence qui y règne, aux associations professionnelles et syndicales en cours. Les religieux ne sont plus des êtres à part! Le levain divin doit opérer dans la pâte humaine en l’inspirant et non en la dominant. C’est la vérité de l’heure.


Ces concessions raisonnables faites par les religieux sont aussi inspirées alors par un renouvellement de la théologie à Vatican II qui promeut les valeurs de l’Incarnation et du service des hommes sur celles du service de Dieu et de la rédemption ex cathédra..

Et de la part de la société civile québécoise on se dit de plus en plus à l’aise et en tolérance ou presque vis-à-vis de ce qui est différent, voire même étrange. Le multiculturalisme donne ses fruits. On sourit aux Italiens et à leur pizza, on regarde le football avec un intérêt grandissant, les gens de couleur causent de moins en moins l’urticaire des peaux blanches …Les accommodements pour les distinctions ethniques, ça va, on digère.


Des accommodements déraisonnables

Mais quand la différence se fait religieuse, là les poils se dressent. Pourquoi? Pourquoi rouspète-t-on contre le kirpan à l’école ou contre le tapis de prière à la cabane à sucre, ou les mets cachères à la cafétéria de l’hôpital? Craint-on une recrudescence de la violence dans les écoles à cause de cette arme d’apparat? A-t-on peur que nos lieux de récréation bien identitaires soient transformés en mosquée ou une épidémie type aviaire causée par les rayons cachères de nos épiceries? Pas vraiment.

Craint-on que l’expansion des musulmans chez nous voile nos femmes et entraîne la faillite de nos magasins de mode? Tout de même!
Selon ma petite psychanalyse peut-être à courte vue on réagit ainsi parce qu’on a peur, une peur bleue, non raisonnable du viol, par des fanatismes religieux, de notre identité récemment mise à jour. Notre identité de canadien-français porteur d’eau avait raisonnablement bien composé avec l’identité religieuse catholique. Fréquentée depuis notre berceau, on s’y était habitué. Depuis 1960 de façon plus que raisonnable, voire même tranquille on s’est libéré des deux identités de souche pour renaître à une toute nouvelle identité, québécoise et laïque. On en est fiers comme un adolescent de sa majorité.



Alors que plusieurs sociétés se sont déchirées longtemps dans de coriaces luttes de religion, nous sans coup férir, on a créé notre état québécois, laïc avec le plus grand respect des options religieuses catholiques personnelles. Laïcité et respect des individus c’est le cœur ou tout proche du cœur de notre identité. On est généreux. On dit à tout immigrant « vous êtes bienvenu chez nous » Vos croyances et coutumes on les respecte en autant qu’elles n’exigent pas d’altérations à notre costume nouvellement taillé.


Venir sur nos places publiques avec des airs de droit ou de supériorité, y afficher vos institutions religieuses, ou pire, exiger qu’on modifie notre bâtisse pour faire place à vos briques sacrées ça, on ne le prend pas. Portez-chez vous les costumes que vous voudrez mais dans nos écoles il faut vous conformer aux règles vestimentaires établies.

Et, ce qui nous horripile encore plus c’est lorsque l’un des nôtres, par aplat-ventrisme, ou par peur de déplaire ou de perdre son job, ou de toucher au sacré, décide d’accommodements non requis, ça c’est nettement déraisonnable. S’abstenir.


Florian
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La semaine prochaine :Identité divine vs identité civile No 2 - Version féminine – Des vestales à la burka





Note :Appel à toutes!





Pour appuyer et prolonger ces réflexions sur la double identité religieuse et civile, version féminine, il serait impératif de lever le voile sur le vécu de ces nonnes ou ex-nonnes qui ont dû passer par la coupe de la chevelure, le revêtement de la bure, la soumission totale pour accéder au sanctuaire de l’identité sacrée? Et avec quels sentiments fait-on machine-arrière après avoir vécu dix , quinze ou vingt ans dans cette enceinte? La Mer des Mots vous est toute grande ouverte et nos yeux pour vous lire itou.

FJ



Jugement voilé.


La loi, fruit d'un parlement légitime, est première. Elle est précisée dans son application par des règlements (les modi operandi). La vie bien concrète interprète la lettre (modus vivendi). Un conflit en découlant, passe devant le juge qui fait jurisprudence...

C'est ainsi que la roue démocratique vit la justice.

Le DGE Marc Mayrand abrège ce processus, souffrant d'insécurité professionnelle. C'est à un juge, après une plainte, de prendre position.

Situation loufoque qui a ses désagréments raisonnables.

D'un clique sur vous, M'sieur Mayrand, faites-nous sourire.

vendredi, septembre 07, 2007

Femme. Femme.

À Ottawa, DGE Marc Mayrand, mauvais jour à vous! Je veux retenir votre nom pour le citer quand j'aurai besoin d'un exemple explicitant ce qu'est une personne manquant de jugement. N'allez surtout pas vous cacher sous une burka; on veut vous identifier partout. Vous montrer du doigt. Que dis-je. Du poing!

Après vous, le déluge. Après les élections? Une fois bien comptés, recomptés, on jettera les bulletins de votes, n'est-il pas? Sur le bord de la route, un matin-vidangeur, les sacs sans valeur attendront sagement, bien soumis à leur sort, abandonnés par des gros-gens-comme-devant-sans-jugement- -ni-culture-d'avancement. Vous, le DGE Marc Mayrand, vous collerez dans votre album-souvenirs de votre carrière, cette magnifique photo, et vous commenterez...

« C'est juste au Québec qu'on entendait chialer. Wolfe aurait dû finir son travail...»

Pourtant Sir Mayrand, sous le sac, IL Y A UNE FEMME-SOIF-DE-VIVRE. (Merci à Nana Sousa Diaz pour la magnifique photo.)

Êtes-vous assez fret pour ne rien voir d'intéressant? Un vote, c'est un vote, selon votre


édit... Et s'il avait deux seins pour nourrir votre humanité perdue...

Économisez des sous, Sir Mayrand. Nos soldats en Afghanistan construisent des écoles pour l'instruction de petites filles que vous mettrez sous vos sacs, un jour peut-être, migrantes dans ce beau Canada aux matins-vidangeurs.

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L'aurore et ses martyres

L'entrée scolaire... ( C'est la rentrée. Tout le monde attend devant l'entrée. ) Rapidement, je remonte à ma première. J'entends d'abord la voix douce, chaude, présente, sans accent aigu du « bon frère Omer ». Le premier Frère du Sacré-Coeur de ma vie! Il ne me faisait pas peur, même tout de noir! Collège Roussin, 1949. Dix-huit ans plus tard, j'y ferai une autre rentrée scolaire; cette fois, à titre de titulaire d'une classe de grands.

(Cliquer sur l'image.)

Omer a été un spécialiste de la petite enfance. Sa classe était au rez de chaussé, coin sud. De grandes fenêtres, pas comme chez-nous, montraient la rue Notre-Dame, l'Église St-Enfant-Jésus et un chemin invitant au bord du fleuve... (C'est pas d'hier que...) À la cloche de la récréation de l'avant-midi, dans des gestes bien ordonnés, bien orchestrés, Omer prenait la grosse pomme du coin de son bureau. Ce qu'elle me semblait rouge et bonne, la grosse pomme du Frère Chanceux. Même que ma mère me chargeait parfois de lui apporter son fruit de paradis. D'un mouvement précautionneux, il nous dirigeait, en rang, aux toilettes et jusqu'à la sortie puis, l'éparpillement général en notes d'oiseaux de basse-court. Et là, parmi ses petits, le bon frère sortait un canif en âge d'une poche aussi profonde que la longueur de son bras, l'ouvrait sans peur de se couper et pelait sa bonne pomme... Il pratiquait la technique du pelage sans rupture! Émerveillement attendu dans le regard des tout-petits. Ses yeux, son sifflet, un geste de la main étaient nos clôtures dans cet immense terrain de baseball qui étendait son sol poussiéreux jusqu'aux rails formellement interdits. C'est une l'image qu'il me reste du CPE « omérique ».

Là où j'en suis en âge, je penche à me « statistiquer »! J'ai participé à 50 rentrées scolaires... J'étais pour avoir 43 ans quand j'ai laissé définitivement le banc de l'étudiant. Cette dernière sortie scolaire, en tant qu'étudiant, avait été enseignée par un philosophe belge dont le nom m'échappe mais non pas le titre de son cours: « analyse conceptuelle ». Ce brasse-neurones avait été une généreuse gâterie pour un mathématicien! J'avais réellement commencé à aimer la gymnastique intellectuelle au contact du Grand Maurice Desrochers (résident de Repentigny) et ses présentations d'algèbre et des travaux euclidiens. C.Q.F.D.

Maintenant, en ce vendredi après-midi, je pense à tous ces élèves, ces enseignants qui regardent fréquemment la cloche se traînant les aiguilles à pas de limace pour annoncer enfin le début de leur première fin de semaine...

En moins de temps qu'ils n'en imaginent maintenant, lundi-matin-tôt arrivera avec violence, cruauté et tyrannie. Comme encrier, l'inexorable de la vie, ils écriront une autre belle page de l'émotif roman « L'aurore et ses martyres ».

Tout passe. Tout.

... ooo 000 ooo ...

Une suite vous est promise. Le maire de Ste-Marceline y participera!

Pierre Bourgault et le 'coeur du XXe siècle'.

L'encre de la biographie de Pierre Bourgault n'est pas encore sèche. L'auteur, Jean-François Nadeau, est un proche voisin de Pierre Madore, à Cookshire-Eaton (Beau voisinage pour voir les paysages d'automne.) Noëlla et Pierre sont propriétaires de la maison où la famille Bourgault a été élevée. Les murs ayant des oreilles, ils en parlent encore...

Un extrait de la biographie.

« Il est de tous les changements sociaux à partir des années 60. À partir de sa propre personne, on a comme une loupe grossissante de tous les changements sociaux des 40 ou 50 dernières années. »

Je veux relier cet extrait avec un commentaire que j'écrivais à la suite d'un billet de Florian, soit, « Le coeur du XXe siècle. »

mardi, septembre 04, 2007

Bulletins chiffrés! De quoi je me mêle?





Quelque part au Québec avant le 26 mars :
Qu’est-ce qui vous achale en éducation?
Les bulletins… on comprend rien. On sait pas si y é bon ou pas bon!
On veut des bulletins avec des chiffres.
Des bulletins chiffrés? Oui! - Votez pour nous et et vous les aurez.

Et le premier ministre en personne, avec la ministre de l’éducation en décret, par-dessus les instances pédagogiques les plus chevronnées, annoncent qu’en septembre, toutes les écoles de la province auront le même bulletin « chiffré » comme dans l’temps.

Dans mon école du rang St-Alexandre on avait un diplôme après la septième année. Le diplôme affichait la mention « Succès » - « Distinction » « Grande distinction » « Très grande distinction » ou « Excellence » comme pour le baccalauréat è-arts.
Ces mentions servaient de cibles à la chasse aux vocations. Pour les filles, je ne sais à quoi ça servait.

À ce que je me souvienne, il n’y avait pas de bulletins scolaires durant les sept années du cours élémentaire. On passait à la tête ou à la queue lors de la récitation quotidienne des leçons. Le premier ou la première de chaque division recevait le prix d'excellence à la fin de l'année, le 24 juin, devant les commissaires et... le curé. En 8ième année, j’étais ou à la tête ou à la queue, on était deux dans cette division… Et comme l’autre était une fille, j’occupais plus souvent la queue que la tête.

Les dictées étaient corrigées sur place. Les fautes étaient comptées, mais je ne sais où allaient les points. Trop de fautes signifiait souvent des coups de règles sur les doigts.
Il fallait savoir par cœur ses tables d’addition et de multiplication, les dates de l’histoire sainte et de l’histoire du Canada, les capitales des provinces et des pays d’Europe et surtout les 508 réponses du catéchisme et ses prières, dont le « De profundis » en latin.

Si on ne le savait pas, il fallait l’apprendre à la maison et rester après la classe pour réciter la leçon manquée. Je revois les pénibles séances de récitation du De profundis auxquelles ma mère s’est astreinte plus d’une fois avant le départ pour l’école.
À la fin de l’année la maîtresse décidait si on montait de division ou pas. De toute façon on restait dans la même classe, celle du bas pendant quatre ans et dans celle du haut (les grands) pendant les trois ou quatre années suivantes. J’ai dû passer de la 2e A à la 2eB parce que, aux dires de l’inspecteur, j’étais trop jeune pour monter en troisième. Mon oncle, celui qui est Frère du Sacré-Cœur et qui aura 90 ans bientôt, est resté trois ans en septième année parce que à son école il n’y avait ni 8ième ni 9ième années. C’était l’apprentissage par immersion.

Devenu professeur à l’élémentaire, et aussi au secondaire, j’ai dû à tous les mois remplir un bulletin chiffré pour toutes les matières au programme.
Le bulletin devait être signé par les parents et, deux fois par année, il était remis en mains propres aux parents par l'instituteur. Sur ce bulletin on devait indiquer et le pourcentage et le rang. Et l’on devait compiler les résultats et des examens et des travaux quotidiens. C’était surtout la performance de l’élève face à son groupe qui était évaluée.
La création du Ministère de l’éducation en 1964 a mis du sérieux dans la formation pédagogique des enseignants. Faculté universitaire, la pédagogie s’est considérablement développée grâce à d’importantes recherches. Les nouveaux programmes de formation élémentaire et secondaire ont mis de l’avant un enseignement par objectifs. C’est par étapes bien définies et selon des méthodes plus précises que l’on accédait à la connaissance et à l’apprentissage des outils intellectuels. Ces méthodes ont généré des mesures d’évaluation appropriées que l’on doit codifier sur un bulletin complètement remanié.

À chaque période de l’année scolaire, il y en a 7, le professeur cote le progrès accompli par l’élève devant les objectifs de chaque discipline. Les chiffres 1-2-3-4 donnent la mesure de ce progrès – 1- Progresse facilement, 2- progresse bien … Le bilan de l’année est aussi coté sur quatre marches mais cette fois par la lettre R – R+ - RP et NR.


Au lieu de dresser un podium comme aux olympiques, le bulletin en vigueur ces dernières années, (cf l’exemple ci-joint,) ne fait pas le comput global des résultats obtenus par l’élève à des examens composés au pifomètre par le professeur et parfois par le Ministère. Ce bulletin ne compare pas les élèves entre eux, mais indique le progrès de chaque élève dans l’apprentissage des disciplines au programme.

Que des parents qui rêvent podium pour leur enfant soient dépaysés il n’y a là rien de surprenant. Mais que le système soit mauvais parce qu’on ne le comprend pas c’est un jugement primaire bizarre d'un politicien à moins que le flair électoral n’abolisse sa raison.

Il y a certes des retouches à faire surtout dans les libellés d’évaluation figurant au bulletin. Il revient aux spécialiste de corriger le tir non aux politiciens.

Ce bref rappel historique montre à quel point la récente l’intervention du gouvernement du Québec dans la gouverne de la pédagogie est démagogique, grossière et déplacée.
Autrefois en campagne électorale les candidats achetaient parfois des votes avec de l’asphalte ou du whisky. Aujourd’hui ils les achètent, au mépris des professionnels de l’enseignement, en dorlotant les résistance naturelles aux changements et en promettant ce qu’ils n’ont pas la compétence de donner. Les lynchages sur la place publique répondaient autrefois à la même dynamique.

Que l’État s’active à assurer et à promettre les meilleures conditions d’opération des écoles, de participations des parents aux apprentissages de leurs enfants, c’est son rôle. Qu’il aille fourrer son nez dans la pédagogie ou l’administration concrète d’une école c’est une aberration. Va-t-il dire aux chirurgiens comment tenir leur scalpel ou cadrer les reportages d’un journaliste, en déterminer la forme et la teneur?
Quant à y être, qu’on imprime des petits catéchismes jaunes ou rouges et qu’on remplace les profs par des répétiteurs et qu’on fasse l’évaluation par ordinateurs chronométrés qui gèrent les récompenses ou le nombre de coups de règles sur les doigts, mérités par des élèves-robots lorsqu,ils qui franchiront ou manqueront la ligne des 60% requis. Ce sera moins coûteux et tout le monde comprendra.

L’
évaluation est très liée à la pédagogie. Il appartient aux pédagogues en concertation avec les parents d’en définir les termes et les formes, pas au gouvernement d’un état, d’une ville ou d’une province. Pas même et surtout pas en campagne électorale. De quoi je me mêle?

Florian

lundi, septembre 03, 2007

Fête du travail!

Jean Jaurès est né un 3 septembre. Quel heureux hasard que ce soit aussi la Fête du Travail. Vous avez été en France? Ne serait-ce qu'à Paris. Alors, vous avez lu sur une carte, une direction de route, une place publique, vous avez entendu, on vous disait, vous avez noté dans votre carnet de voyage, vous avez d'une quelconque façon été mis en contact avez ce nom fier pour tout Français, « Jean-Jaures ». Wikipédia peut vous en instruire.

« Le socialisme est en lui-même une morale »

En cliquant sur cette image, ce sera le grand Brel qui le fera...



Jacques Brel
JAURÈS
1977


Ils étaient usés à quinze ans
Ils finissaient en débutant
Les douze mois s'appelaient décembre
Quelle vie ont eu nos grands-parents
Entre l'absinthe et les grand-messes
Ils étaient vieux avant que d'être
Quinze heures par jour le corps en laisse
Laisse au visage un teint de cendre
Oui, notre Monsieur oui notre bon Maître
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?

On ne peut pas dire qu'ils furent esclaves
De là à dire qu'ils ont vécu
Lorsque l'on part aussi vaincu
C'est dur de sortir de l'enclave
Et pourtant l'espoir fleurissait
Dans les rêves qui montaient aux yeux
Des quelques ceux qui refusaient
De ramper jusqu'à la vieillesse
Oui notre bon Maître oui notre Monsieur
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?

Si par malheur ils survivaient
C'était pour partir à la guerre
C'était pour finir à la guerre
Aux ordres de quelques sabreurs
Qui exigeaient du bout des lèvres
Qu'ils aillent ouvrir au champ d'horreur
Leurs vingt ans qui n'avaient pu naître
Et ils mouraient à pleine peur
Tout miséreux oui notre bon Maître
Couvert de prêtres oui notre Monsieur

Demandez-vous belle jeunesse
Le temps de l'ombre d'un souvenir
Le temps du souffle d'un soupir
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?

dimanche, septembre 02, 2007

Soleil! Soleil!


Fête du travail... ??? !!! ### $$$ %%%

Oui, j'ai beaucoup travaillé. Beaucoup. Ma compagne Lucie itou. Et encore.
Demain, nous nous fêtons. C'est notre fête à nous deux. Sommes les seuls à savoir. Comme chacun est seul à savoir... La solitude n'efface pas; elle ne se ment pas...

J'offre à celles et ceux qui sont sur ce spleen... "Ouvre le son..."