jeudi, mars 22, 2007

Je vire mon capot de bord.

Avec détermination, je vais, cette fois-ci, voter libéral provincial. Pour les mêmes raisons à quelques nuances près, je voterai Conservateur si monsieur Harper souffle dans l'air printanier. Monsieur Dion « m'attendra encore un peu »...

Je vire mon capot de bord et pas en demi mesure. Le sentiment de partager « largement » cette attitude, me porte à m'affirmer...

Vous n'avez pas lu que je voterai Jean Charest et Stéphane Harper! Mon vote n'en est plus un de conviction; c'est un vote de « chu tanné ». Et après avoir passé à la tannerie, la porte est ouverte pour une remise en question de la hiérarchie de certaines de mes valeurs.

Membre de la famille « Parti et Bloc Québécois » en règle depuis sa naissance jusqu'à un vote payant le salaire des députés (début du deuxième mandat de R. Bourassa), j'ai perdu l'illusion qu'un élu avait comme principal moteur, le dévouement pour sa collectivité. Depuis, je suis un indépendant 'sans carte' mais j'ai toujours continué à voter pour «des valeurs sociales entretenues dans la famille ». Ce ne sera plus le cas.

La famille a vieilli et de guerre lasse, a mal vieilli. Depuis 1995, l'objectif de l'indépendance ne se rapproche pas, même il s'éloigne. De plus en plus, le beau projet devient une idéologie, un acte de foi... parce qu'il ne l'a pas toujours été! Les « synergies composites » de la « Révolution tranquille », de la Commission royale A. Laurendeau/D. Dunton, de la création de la richesse des années 70, des leaders charismatiques(*), sont épuisées. Lentement, la haute voilure s'est img465/8863/bateauje5.gif abaissée; le dernier carré s'est déchiré d'usure. L'erre de la fière goélette ne se mesure plus.

La génération actuelle des politiciens se contente de gérance, de services d'incendie, de braire beaucoup. Tout n'est pas noir ou fade; le Gérant fait de très bons coups, et c'est évident quand on compare(**)... Mais, plus de projet mobilisateur dans ce qu'on appelle pompeusement des programmes. Comme tous, ne pouvant donner que ce qu'ils ont, les Péquistes et les Bloquistes n'entretenant plus qu'une idéologie, bien malgré moi, bien malgré eux, va sans le dire, se consacrent maintenant à des postes que je qualifierais « d'usurpation confédérative ». Les sièges élus qu'ils occupent sont sous-productifs utilisant l'opposition comme mode de survie. La critique négative est devenue leur principal langage. Leur membership s'ancre autour d'un noyau dur de disciples de plus en plus revanchards, criards et distants de la réalité démographique et démocratique. Des gens déçus et têtus à occuper la scène par une pièce théâtrale « Référendum au 'quatre ans' ». Je suis tanné des discours, des interventions, des harangues non constructives et qui ne sont trop souvent que chialage. Leurs sièges devraient maintenant servir à tout le Québec, à tout le Canada.

Je n'abandonne pas pour autant l'idée d'autodétermination de la nation québécoise. Ça ne passera que par une nouvelle énergie de la société, d'une jeunesse découvrant ses qualités et la vison de l'avantage de les développer en « maître chez soi ». La génération présente a épuisé ses ressources. C'est à une future fécondation de se mobiliser autour d'un projet rassembleur et créatif. Et pour bien marquer le caractère d'avenir dans son éventuel référendum, elle retirera le « devoir de vote » aux plus de 65 ans...

Je suis passé à très près d'un pays québécois. L'acceptation de la réalité a soigné mon amertume. Là et maintenant où la chance me sourit, c'est dans celle de vivre au Canada. Dans un avenir prévisible, je voterai en faisant abstraction de ce qu'est devenu l'idéologie indépendantiste.

* * * * * * *

(*) Les trois Colombes. Jean Lesage. Monique Bégin. René Lévesque. La Commission Parent. Félix Leclerc. « Un homme et son pêché ». La langue-ceinture-fléchée du Québec. Robert Bourassa. Pierre Bourgault. Lise Payette. Lucien Bouchard. Et encore... Quel climat c'était!

(**)QUAND ON SE COMPARE... ((La Presse 19/03/07) Le Canada affichera un surplus budgétaire de 9,2 milliards pour l'exercice 2006-2007, alors que les États-Unis s'attendent à un déficit de 427 milliards US. En 2006, le Canada a été le seul pays du G7 à dégager des surplus, et la situation sera probablement identique en 2007, et en 2008, prévoit l'OCDE.

4 Commentaires:

Eddy a ?crit...

Monsieur Du Fleuve, La vie politique comme votre article l'indique subit les aléas du temps. Les hauts et les bas des divas politiques nous malménent et troublent la quiétude de nos perspectives d'avenir. Quel pays ne connaît pas cet affolement de la boussole électorale. Votre remise en question est tout à votre honneur. Les certitudes absolues ont fui depuis des lunes notre quotidien. Bon vote lundi. Merci pour votre assiduité déterminée au mermot. Je vous ai à l'oeil et mon intérêt face à votre production grandit. N'auriez-vous que ce seul lecteur qui boit vos propos, il vaut le coup. ED

Florian Jutras a ?crit...

Bonsoir
Jacques étonne toujours, il inspire souvent, depuis que je le lis je suis d'accord avec lui presque les yeux fermés.
Cette fois, il détonne. Je comprends qu'on puisse parfois être tanné du psittacisme politique surtout en campagne électorale.
Mais de là aller se fourrer le nez et le vote dans la gueule de la tannerie et de l'insipidité c'est à ne rien comprendre. Trop d'espoir affole la boussole. Y a-t-il programme, discours et action plus vides que ce que nous sert depuis 4 ans le parti libéral? Et à force de répéter ces inepties ont finit par les faire prendre pour du vrai.

Et le comble! dire son adhésion à Harper cette espèce d'antithèse de tout le feeling québécois cette sinistre ombre de toute son âme! Je comprends qu'on soit tanné et écoeuré par le scandale des libéraux commandités et commanditaires mais quelques centaines de millions de nos taxes bouffés par quelques-uns des nôtres plus rusés c'est de la petite gomme comparé au 15 milliards coulés dans l'acier d'une armée passée date et d'une guerre dont personne ne veut et qui va profiter principalement à l'Ontario. Et que dire de l'aplaventrisme de ce minibush si heurtant pour notre fierté d'homme et de Québécois? Et le vide de politiques environnementales de ce Harper ne titille-t-il pas la conscience de ce grand amant et protecteurde la nature qu'est Jacques?
Décidément j'en perds mon latin. Je crains seulement que mon admiraton pour Jacques ne tourne en pitié.

Mais à bien y penser, une verrue politique ne fait pas tout l'homme et ne l'exprime pas.
Non je ne crains pas que ce foudre d'humanité qu'est Jacques, cette ingéniosité à lire et à exprimer le monde. cette finesse du verbe soient emportées par un passager virus politique dû principalement à une sur-exposition aux fallacieux soleils des clichés électoraux. Il s'en remettra. Bon rétablissement Jacques et bon voyage en Espagne!

À moins que ... à moins que , autre interprétation, que ce soit une astuce de notre capitaine sur la Mer-des-mots! Jacques, fatigué de se retrouver seul aux manchettes de notre blogue, déçu des si rares réactions qu'il suscite m'ait tenté un coup de force, réveiller les endormis par un scancale si gros, aussi difficile à avaler q'une couleuvre qu'il ne laisse personne indifférent!.... Remets ta couleuvre dans les bois, Jacques, nous avons compris, nous réagirons tous les jours ou presque, comme aux premiers jours, à tout ce que tu écriras et susciteras. Promesse de Morphée.
Florian

Quidam duFleuve a ?crit...

Allô! Flo,

Le lendemain de la veille!
Au matin du 27... Après la lecture du premier cahier de La Presse... Quel sommaire!

J'avais écrit dans le présent billet "à réaction" (merci d'avoir réagi)
"Leur membership (PQ) s'ancre autour d'un noyau dur de disciples de plus en plus revanchards, criards et distants de la réalité démographique et démocratique. Des gens déçus et têtus à occuper la scène par une pièce théâtrale « Référendum au 'quatre ans' ». Je suis tanné des discours, des interventions, des harangues non constructives et qui ne sont trop souvent que chialage."

Et encore, je me répète "Le sentiment de partager « largement » cette attitude, me porte à m'affirmer..."

Surprise! Je n'aurais jamais imaginé que L'Assomption, comme Terrebonne, comme Joliette, forteresses péquistes auraient été victimes d'une ruse comme en a souffert Priam.
Mario Dumont serait-il le Ménélas des provinciaux? Il me vient à la mémoire un jeu troublant... Ménélas (en grec ancien Μενέλαος / Menélaos, pouvoir du peuple). Et un résultat d'élections troublant!

Florian Jutras a ?crit...

La veillée d'arme décantée

À toute chose malheur est bon.

Devant cette avalanche qui a voyagé en vague, une autre avalanche de mots cette fois. Mille post mortem, analyses et commentaires comme à la morgue devant un macchabée.
On se console.
Il est vrai que quelques sièges perdus par quelques votes auraient pu faire toute la différence et changer l’occupation des chaises musicales. PQ ou Lib à la chaise no 1 et vice versa pour la no 2 et Mario au trois. Alors tout aurait été dans l’ordre : La non moins éclatante victoire de Mario Ménélas aurait été banalisée en une banale répétition des scénarios habituels, on aurait continué à vanter la « bonne campagne » de André et on se serait réjoui de la continuité assurée par Jean . On met la clé sur le journal de bord de la campagne , ses programmes en n… points ses scandales, ses menaces et ses prophéties et chacun dans ses ornières on dormira en paix. La vache de M. Séguin est bien gardée.

Mais ce n’est pas arrivé ainsi..

Mario est bien arrivé au siège no 2. L’ordre établi est bouleversé. Le siège no de 2 devient un poste de contrôle serré du siège no 1. La continuité sera un tout autre gouvernement et une toute autre façon de gérer les biens publics, jamais vue au Québec.
Au PQ il faudra un profond remue-ménage qui devrait même et surtout emporter le chef.
Les régions, d’où vient la vague ont parlé. Il faut les écouter, et agir avec elles.

Quelles profondes transformations cette vague adéquiste apportera-t-elle ou devrait-elle apporter à nos mœurs politiques?

Au PQ, le rêve de René évanoui ou évanescent, on a peu parlé, réfléchi, programmé, fait miroiter la souveraineté. On s’est attardé à présenter sa plomberie, le référendum qu’on essaie de vendre, lié par contrat à l’article 1 de la constitution. Ça ne passe pas. Des pirates ont beau avoir malmené la plomberie référendaire de 96 la dénonciation de ces malversations n’engraisse pas beaucoup la souveraineté elle-même.
Une souveraineté se gagne dans le cœur et dans la tête, au bout des doigts et des pieds. Surtout si on ne veut pas la prendre de force. Il faut marcher la souveraineté pour la conquérir. Il faut la voir à l’œuvre, la faire ressortir cachée dans le quotidien, faire vibrer ses cordes pour l’aimer, s’appliquer à la mettre à l’œuvre devant les défis de notre époque pour constater de visu les bienfaits qu’elle peut apporter. Un PQ qui prendrait ce virage rejoindrait Françoise David, épaulerait l’autonomiste Mario, générerait une vague qui je le prédis pourrrait même tsunamiser Montréal.

Mario de son siège no 2 parle d’une autre façon de gouverner. Des mots de la vague.à la mer? Comment articuler ces mots pour qu’ils écrivent un « vrai changement »? À vous de me le dire.

Ma Ghislaine adorée m’est arrivée le 26 au matin en me disant : « Je sais pour qui je vais voter » P Q? Non! Françoise David.!
Dans Le Devoir de ce matin là, Dominique Larouche écrivait :

Jamais de ma relativement courte existence n'avais-je entendu de la bouche de politiciens vivants des choses aussi sensées. Jamais encore un parti n'avait ravivé autant ma fibre citoyenne, graduellement effritée au fil de désillusions répétées tous les quatre ans. Jamais un parti n'était arrivé à anéantir presque complètement mon cynisme à l'égard de tous ceux qui se lancent en politique.

Québec solidaire est à la fois porteur d'espoir et réaliste. Il est le seul parti politique qui sache faire tous les liens pertinents entre santé et pauvreté, entre éducation et développement, entre économie et écologie. Il est le seul parti à présenter des solutions viables aux problèmes auxquels fait face le Québec dans le grand cirque de la mondialisation, solutions dont plusieurs s'appuient sur des mécanismes déjà étudiés, débattus et mis à l'épreuve ailleurs dans le monde avec un très grand succès.


Édition du lundi 26 mars 2007
Kahdir, David et Goliath
http://www.ledevoir.com/2007/03/26/136801.html